17 février 2011

Conférence : Corine Tachtiris,

Corine Tachtiris donnera une conférence dans le cadre du Master T3L (Traduction), le 17 mars 2011 à 10h (lieu vraisemblable, à confirmer auprès de : salle Recherche de la bibliothèque universitaire).


Descriptif du projet

Mon projet de recherche, intitulé World Literature as Process: The opportunistic circulation of literature in translation, contribue aux débats autour du canon de la littérature mondiale, afin d’interroger la notion que les textes « importants » ou « méritants » traversent inévitablement des frontières. Comme le note André Lefevere, les textes sont soumis, dans chaque système littéraire, à des contraintes idéologiques et poétiques, ce qui limite leur capacité à circuler librement. J’examine en particulier les textes provenant du Sud et de l’Est qui ont des opportunités plus limitées d’atteindre un lectorat en Occident, système littéraire qui, comme Lawrence Venuti le démontre, favorise une réécriture ethnocentrique conçue à sa propre image.
Sur la scène de la littérature mondiale, on note une tendance à s’attendre à ce que les écrivains du Sud et de l’Est jouent le rôle soit de l’informateur natif qui fournit des aperçus ethnographiques, soit de l’Écrivain qui confirme l’existence d’un humanisme universel. Je décris comment quelques écrivains de la Caraïbe francophone, de l’Europe de l’Est et de l’Afrique—ainsi que leurs traducteurs, rédacteurs et éditeurs—tirent profit de ces rôles afin de les remettre en question de l’intérieur. Ils redéfinissent ainsi leur position dans l’Ouest et par là même, « l’Ouest et le reste » en tant que paradigme. Le fait que ces opportunités sont souvent éphémères signifie que la littérature mondiale prend la forme d’un processus—se déroulant à travers le temps et l’espace—et non d’un produit ou d’un ensemble de textes.

Canevas d’intervention

Cette intervention aborde les questions suivantes: pourquoi certains textes et pas d’autres circulent hors des frontières de leur culture source ? Quelles difficultés en ce domaine sont spécifiques aux textes des cultures dites minoritaires ? Et qu’est-ce que le traducteur peut en apprendre pour formuler sa pratique ? En partant de mon travail de traductrice sur des textes haïtiens et tchèques, je montre comment une analyse de ce que j’appelle « la circulation opportuniste de la littérature mondiale » nous sert à traiter des questions pragmatiques et éthiques dans la pratique du traducteur.

1 commentaire:

P. Muraille a dit…

Confirmation du lieu et de l'heure du séminaire :
- Salle de la Recherche, Bibliothèque de l'Université Paris 8
- Jeudi 17 mars, 10 h