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03 novembre 2009

Colloque Woolf : appel à contribution

Woolf contemporaine / A Contemporary Woolf
Colloque de la Société d'Etudes Woolfiennes,
à Aix-en-Provence (Université d’Aix-Marseille I), 18-19 septembre 2010

Un siècle après le début d'une nouvelle ère, selon la formule de Woolf “On or about December 1910, human character changed”, nous proposons de réfléchir à la contemporanéité de Virginia Woolf, sur la question de son inscription dans le temps, dans son temps : “being that which
we are, that which we have made, that in which we live” (“How It Strikes a Contemporary”,1925).

Si être contemporain, ce n'est pas adhérer aux prétentions du présent mais bien plutôt, comme Giorgio Agamben le définit dans son essai "Qu'est-ce que le contemporain", saisir son temps depuis une certaine distance, qu'en est-il de la contemporanéité de Woolf, à la fois par rapport à son époque et par rapport à notre présent ? Dans quelle mesure ses écrits, tant fictionnels que non-fictionnels, pensent-ils et mettent-ils en œuvre cette inactualité, cette non-coïncidence avec
son temps qui permet précisément à un auteur d‘en “voir les ténèbres”, d’en “percevoir l’obscurité” ? Il s’agira tout particulièrement d’explorer la pensée de la modernité chez Woolf. Comment ses textes attestent-ils autant la barbarie que la culture de son siècle ? Comment mettent-ils le présent en relation avec le passé et l'avenir? Et comment aujourd’hui être “contemporains” de ses textes, y voir les figures de notre siècle et de notre maintenant? Comment définir dans nos lectures ces moments où le présent de l'écriture woolfienne nous devient contemporain, et, à ce titre, générateur de textes futurs ? Ce sont quelques questions parmi d'autres, qui peuvent nous inciter à réfléchir à la contemporanéité de Virginia Woolf en même temps qu'à la nôtre.

Interroger Woolf en tant que contemporaine nous invite donc à reconsidérer l'histoire hors du déroulement chronologique et à voir dans le présent un lieu de rencontres entre les temporalités, entre les générations — autrement dit, à penser le présent selon la tension que Woolf énonce à la fin de l’essai “How it Strikes a Contemporary”: “scan the horizon; see the past in relation to the future; and so prepare the way for masterpieces to come.”

Les communications pourront se faire en français ou en anglais. Les propositions (200-250 mots) sont à adresser à Claire Davison-Pégon ou Anne-Marie Smith-Di Biasio avant le 15 janvier prochain. Une réponse sera donnée avant le 15 mars.

26 septembre 2009

Parution : Virginia Woolf's Ethics of the Short Story

Vient de paraître :
Christine Reynier, Virginia Woolf's Ethics of the Short Story.
Basingstoke and New York : Palgrave Macmillan, 2009. 179p.
ISBN 978-0-230-22718-7.
Pour plus d'information : www.palgrave.com

15 juillet 2009

Journée d'étude de l'Atelier Woolf : l'adaptation

La journée d'étude qui conclut la série de séances consacrée par l'Atelier Woolf à l'adaptation aura lieu à l'Université Paris 8 - St Denis le samedi 24 octobre 2009.
Nous consacrerons la matinée à une réflexion théorique sur l'adaptation et la traduction et l'après-midi à un échange avec deux metteurs en scène ayant adapté Les Vagues et Une chambre à soi sur la scène française.

01 avril 2009

Mise en ligne : bibliographie de recherche sur V. Woolf

La bibliographie de recherche de F. Mouadi sur Virginia Woolf est en ligne sur le blog : cliquer ici. Elle est associée au sujet de doctorat : "Poétique de l'anonyme dans l'oeuvre de Virginia Woolf".

Il s'agit de la première bibliographie de recherche mise en ligne ici ; les autres bibliographies existantes seront ajoutées dans les prochaines semaines. Une nouvelle rubrique du blog permet d'accéder directement ; elle apparaît dans le menu "Travaux des étudiants".

26 novembre 2008

Bibliographie de recherche - Virginia Woolf

Bibliographie élaborée par Fatiha Mouadi (doctorante, Paris 8), mise en ligne le 1 avril 2009 :

1. Bibliographie et chronologie de l’œuvre de Virginia Woolf

Fiction
The Voyage Out (1915)
Night and Day (1919)
Jacob’s Room (1922)
Mrs Dalloway (1925
To the Lighthouse (1927)
The Waves (1931)
The Years (1937)
Between the Acts (1941)
A Haunted House: The Complete Shorter Fiction (1944)

Biographie et théâtre :
Orlando: A Biography (1928)
Flush: A Biography (1933)
Freshwater: A Comedy (1935)
Roger Fry: A Biography (1940)
“Friendships Gallery”. Ellen Hawkes, éd. Twentieth Century Literature 25. 3-4 (automne-hiver 1979) pp. 270-302

Ecrits autobiographiques, journal, correspondance
A Writer’s Diary (1953), éd. Leonard Woolf.
Virginia Woolf and Lytton Strachey: Letters (1956), éds. Leonard Woolf et James Strachey.
The Diary of Virginia Woolf, ed. Anne Olivier Bell, éd. 5 vols.
• Vol. I : 1915-1919. (1977)
• Vol. II : 1920-1924. (1978)
• Vol. III : 1925-1930. (1980)
• Vol. IV : 1931-1935. (1982)
• Vol. V : 1936-1941. (1984)
Moments of Being (1976), éd. Jeanne Schulkind.
The Letters of Virginia Woolf, éds. Nigel Nicholson et Joanne Trautman. 6 vols.
• Vol. I : The Flight of the Mind, 1888-1912. (1975)
• Vol. II : The Questions of Things Happening, 1913-1922. (1976)
• Vol. III : A Change of Perspective, 1923-1928. (1977)
• Vol. IV : A Reflection of the Other Person, 1929-1931. (1978)
• Vol. V : The Sickle Side of the Moon, 1932-1935. (1979)
• Vol. VI : Leave the Letters Till We’re Dead, 1936-1941. (1980)
A Passionate Apprentice: The Early Journals of Virginia Woolf (1990), éds. Mitchell A. Leaska.

Essais critiques
The Common Reader First Series (1925)
The Common Reader Second Series (1932)
The Collected Essays (1925), 4 Volumes
A Room of One’s Own (1929)
Three Guineas (1938)
The Death of the Moth and Other Essays (1942)
The Moment and Other Essays (1947)
The Captain’s Deathbed and Other Stories. (1950)
Granite and Rainbow. (1958)
Virginia Woolf: Books and Portraits. (1977)
Virginia Woolf on Women and Writing (1979)
The Essays of Virginia Woolf (1986)

Autres ouvrages de Virginia Woolf:
A Cockney’s Farming Experience, (ed) S. Henig (San Diego State University Press, 1972)
‘Anon’ and ‘The Reader’, Twentieth Century literature 25 (1979)
The Complete Shorter Fiction, (ed.) Susan Dick (Hogarth, 1985)
The London Scene: Five Essays (Hogarth 1982)
Melymbrosia: An Early Version of ‘The Voyage Out’, (ed.) Louise Desalvo (New York Public Library, 1982)
Mrs Dalloway’s Party: A Short Story Sequence, (ed.) Stella McNichol (Hogarth 1973)
The Pargiters: The Novel-Essay Portion of The Years, (ed.) Mitchell Leaska (Hogarth, 1978)
A Passionate Apprentice: The Early Journals, 1897-1909, (ed.) Mitchell Leaska (Hogarth, 1990)
Pointz Hall: The earlier and Later Typescripts of Between the Acts, (ed.) Mitchell Leaska (New York University Press 1983)
‘A Terrible Tragedy in a Duckpond’, Independent on Sunday Magazine (8 April 1990)
‘To The Lighthouse’: The original Holograph Draft, (ed.) Susan Dick (Hogarth, 1983)
‘The Waves’: The Two Holograph Drafts, (ed.) J.W. Graham (Hogarth, 1976)
Women and Fiction: The Manuscript Versions of A Room of One’s Own, (ed.) S.P. Rosenbaum (Blackwell, 1992)
Women and Writing, Introduced by Michèle Barrett, (The Women’s Press, 1979)

2. Ouvrages Consacrés à Virginia Woolf :

Biographies:
Bell, Quentin. Virginia Woolf: A Biography, 2 vols. London: The Hogarth Press, 1972.
Bishop, Edward. A Virginia Woolf Chronology. London: Macmillan, 1988.
Briggs, Julia. Virginia Woolf: An Inner Life. London: Harcourt, 2005.
Gordon, Lyndall. Virginia Woolf: A Writer’s Life. Oxford: Oxford University Press, 1992.
Halbert-Bond, Alma. Who Killed Virginia Woolf? A Psychobiography. New York: Human Sciences Press, 1989.
King, James. Virginia Woolf. London: Penguin Books, 1995.
Leaska, Mitchell. Granite and Rainbow: The Hidden Life of Virginia Woolf. London: Picador, 1998.
Lee, Hermione. Virginia Woolf. London: Chatto & Windus, 1997.
Love, Jean O. Virginia Woolf: Sources of Madness and Art. Berkeley: The University of California Press, 1977.
Mepham, John. Virginia Woolf: A Literary Life. Basingstoke: Macmillan, 1996.
Pippett, Aileen. The Moth and the Star: A Biography of Virginia Woolf. Boston, Mass.: Little, Brown, & Co., 1969.
Poole, Roger. The Unknown Virginia Woolf. Cambridge: Cambridge University Press, 1978.
Rose, Phyllis. Woman of Letters: A Life of Virginia Woolf. New York: Oxford University Press, 1978.

Ouvrages critiques exclusivement consacrés à Virginia Woolf :
Abel, Elizabeth. Virginia Woolf and the Fiction of Psychoanalysis. Chicago: The University of Chicago Press, 1989.
Alexander, Jean. The Venture of Form in the Novels of Virginia Woolf. Port Washington: National University Publications, Kennibat Press, 1974.
Apter, Terence E. Virginia Woolf: A Study of her Novels. London: Macmillan, 1979.
Barrett, Eileen et Cramer, Patricia, éds. Re: Reading, Re: Writing, Re: Teaching Virginia Woolf. Selected Papers from the Fourth Annual Conference on Virginia Woolf. Bard College. 9-12 juin 1994. New York: Pace University Press, 1995.
Barrett, M., ‘Introduction’ to Virginia Woolf, Women and Writing. London: The Women’s Press, 1979.
Bazin, Nancy Topping. Virginia Woolf and the Androgynous Vision. New Jersy: Rutgers University Press, 1973.
Beer, Gillian. ‘Beyond Determinism: George Eliot and Virginia Woolf’ in (ed.) Mary Jacobus, Women Writing and Writing About Women. Croom Helm, 1979.
Beer, Gillian. Virginia Woolf: The Common Ground. Edinburgh: Edinburgh University Press, 1996.
Beja, Morris. (ed.), Virginia Woolf: ‘To The Lighthouse’: A Casebook. London: Macmillan, 1970.
-------. (ed.), Critical Essays on Virginia Woolf. G.K. Hall, 1985.
Bell, C.B., and Ohmann, C., ‘Virginia Woolf’s Criticism: A Polemical Preface’ in (ed.) J. Donovan, Feminist Literary Criticism: Explorations in Theory. Kentucky: University Press of Kentucky, 1975.
Bennett, John. Virginia Woolf: Her Art as a Novelist. New York: Harcourt, Brace and Co., 1954.
Blackstone, Bernard. Virginia Woolf. London: Longmans Green & Co., 1952.
-------. Virginia Woolf: A Commentary. New York: Harcourt Brace Jovanovich, 1949.
Brewster, Dorothy. Virginia Woolf’s London. London: George Allen & Unwin, 1959.
-------. Virginia Woolf. New York: New York University Press, 1962.
Bowlby, Rachel. Virginia Woolf: Feminist Destinations. London: Blackwell, 1988.
-------. Virginia Woolf. London: Longman, coll. “Longman Critical Readers”, 1992.
Bradbury, M., The Modern World: Ten Great Writers. London: Penguin, 1989.
Briggs, Julia, éd. Virginia Woolf: Introduction to the Major Works. London: Virago, 1994.
Caramagno, Thomas C. The Flight of the Mind: Virginia Woolf ‘s Art and Manic-Depressive Illness. Bekeley: The University of California Press, 1992.
Chambers, R. L. The Novels of Virginia Woolf. New York: Russel & Russel, 1947.
Chastaing, Maxime. La Philosophie de Virginia Woolf. Paris : Presses Universitaires de France, 1951.
Collins, Robert. Virginia Woolf’s Black Arrows of Sensation: « The Waves ». Ilfracombe: Arthur H. Stockwell, 1962.
Daugherty, Beth, et Barrett, Elieen, éd. Virginia Woolf: Texts and Contexts. Selected Papers from the Fifth Annual Conference on Virginia Woolf. Juin 1995. New York: Pace University Press, 1996.
Da Silva, N. Takeï. Modernism and Virginia Woolf. Windsor: Windsor Publications, 1990.
Daiches, David. Virginia Woolf. Norfolk: New Directions, 1942.
Delattre, Floris. Le Roman Psychologique de Virginia Woolf. Paris: J. Vrin, 1932.
DeSalvo, Louise. Virginia Woolf’s First Voyage: A Novel in the Making. London: Macmillan, 1980.
-------. Virginia Woolf: The Impact of Childhood Sexual Abuse on Her Life and Work. London: The Woman’s Press, 1991.
DiBattista, M., Virginia Woolf’s Major Novels: The Fables of Anon. Yale University Press, 1980.
Ferrer, Daniel. Virginia Woolf and the Madness of Language, trad. G. Bennington et R. Bowlby. London: Routledge, 1990.
Fleishman, Avrom. Virginia Woolf: A Critical Reading. Baltimore: Johns Hopkins University Press, 1975.
Forrester, Viviane. Virginia Woolf. Paris: l’Equinoxe, 1973.
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Gruber, Ruth. Virginia Woolf: A Study. Leipzig: Verlag von Bernhard Tauchnitz, 1935.
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Rosenbaum, S.P. The Bloomsbury Group: A Collection of Memoirs, Commentary and Criticism. University of Toronto Press, 1975.
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Spilka, M. Virginia Woolf’s Quarrel with Grieving. University of Nebraska Press, 1980.
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Thakur, N. C. The Symbolism of Virginia Woolf. London: Oxford University Press, 1956.
Transue, Pamela J. Virginia Woolf and the Politics of Style. New York: New York State University Press, 1986.
Vigne, Marie-Paule. “Le Thème de l’eau dans l’œuvre de Virginia Woolf”. Thèse de Doctorat d’Etat dirigée par Jean Guiguet, Université de Nice, 1980. Bordeaux : Presses Universitaires, 1984.
Vogler, Thomas A., ed. Twentieth Century Interpretations of “To The Lighthouse”. Englewood Cliffs, N.J.: Prentice-Hall, 1970.
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Zwerdling, Alex. Virginia Woolf and the Real World. Berkeley: The University of California Press, 1986.

Ouvrages critiques partiellement consacrés à Virginia Woolf :
Beer, Gillian. Arguing with the Past. Essays in Narrative from Woolf to Sidney. London: Routledge, 1989.
Beja, Morris. Epigraphy in the Modern Novel. Seattle, Wash.: University of Washington Press, 1971.
Bell, Quentin. Bloomsbury. London: Weidenfeld & Nicolson, 1968.
Bodkin, Maud. Archetypal Patterns in Poetry: Psychological Studies of Imagination. London: Oxford University Press, 1934.
Burgum, Edwin Berry. The Novel and the Word’s Dilemma. New York: Russell & Russell, 1963.
Church, Margaret. Time and Reality: Studies in Contemporary Fiction. Chapell Hill, N.C.: University of North Carolina Press, 1949.
Cornwell, Ethel F. The “Still Point”: Theme and Variations in the Writings of T.S. Eliot, Coleridge, Yeats, Henry James, E. Forster, Virginia Woolf, and D.H. Laurence. New Brunswick, N.J.: Rutgers University Press, 1962.
Cox, C. B. The Free Spirit: A Study of Liberal Humanism in the Novels of George Eliot, Henry James, E. Forster, Virginia Woolf, Angus Wilson. London: Oxford University Press, 1963.
Da Silva, Takei. Modernism and Virginia Woolf. Windsor: Windsor Publications, 1990.
Daiches, David. The Novel and the Modern World. Chicago: University of Chicago Press, 1960.
DeSalvo, Louise, et Leaska A. Mitchell, éd. The letters of Vita Sackville West to Virginia Woolf: London: Virago, 1997.
Dowling, D. Bloomsbury Aesthetics and the Novels of Forster and Woolf. London: Macmillan, 1985.
Edel, Leon. Bloomsbury: A House of Lions. London: Hogarth, 1979.
------. The Modern Psychological Novel. New York: Grosset & Dunlap, 1955.
Fogel, Daniel Mark. Covert Relations: James Joyce, Virginia Woolf and Henry James. Charlottesville: University Press of Virginia, 1990.
Ford, Borris, ed. The Modern Age: Volume 7 of the Pelican Guide to English Literature. 3rd ed. Middlesex: Penguin Books, 1964.
Freedman, Ralph. The Lyrical Novel: Studies in Hermann Hesse, André Gide, and Virginia Woolf. Princeton, N.J.: Princeton University Press, 1963.
Friedman, Melvin J. and John B. Vickery, eds. The Shaken Realist: Essays in Modern Literature in Honor of Frederick J. Hoffman. Baton Rouge, La.: Louisiana State University Press, 1970.
Frye, Northrop. Anatomy of Criticism: Four Essays. Princeton, N.J.: Princeton University Press, 1957.
Gordon, L. Contemporary Writers. London: Hogarth, 1965.
Heilbrun, Carolyn. Towards Androgyny: Aspects of Male and Female in Literature. London: Gollancz, 1973.
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Hirsch, Marianne. The Mother/Daughter Plot: Narrative, Psychoanalysis, Feminism. Bloomington: Indiana University Press, 1989.
Hoare, Dorothy M. Some Studies in the Modern Novel. London: Chatto & Windus, 1953.
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Laurence, Patricia. The Reading of Silence: Virginia Woolf in the English Tradition. Stanford: Stanford University Press, 1991.
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Little, J. Comedy and the Woman Writer: Woolf, Spark and Feminism. University of Nebraska Press, 1983.
Meisel, Perry. The Absent Father: Virginia Woolf and Walter Pater. New Haven: Yale University Press, 1980.
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Raitt, Suzanne. Vita and Virginia. The Work and Friendship of Vita Sackville-West and Virginia Woolf. New York: Oxford University Press, 1993.
Roe, Sue, ed. Women Reading Women’s Writing. Brighton: Harvester Press, 1987.
Rosenbaum, S. P., ed. English Literature and British Philosophy: A Collection of Essays. Chicago: University of Chicago Press, 1971.
Rosenberg, Beth Carole. Virginia Woolf and Samuel Johnson: Common Readers. New York: St Martin’s Press, 1995.
Savage, D. S. The Withered Branch: Six Studies in the Modern Novel. London: Eyre & Spottiswoode, 1950.
Saxton, Ruth et Tobin, Jean, ed. Woolf and Lessing: Breaking the Mould. London: Macmillan, 1994.
Showalter, Eliane. A Literature of Their Own: British Women Novelists From Brontë to Lessing. London: Virago, 1978.
Spacks, Patricia Meyer. The Female Imagination. New York: Avon, 1972.
Spater, George, et Parsons, Ian. A Marriage of True Minds: An Intimate Portrait of Leonard & Virginia Woolf. London: The Hogarth Press, 1977.
Steinberg, E. ed. The Stream of Consciousness Technique in the Modern Novel. Kennikat Press, 1979.
Stubbs, P. Women and Fiction: Feminism and the Novel 1880-1920. London: Harvester, 1979.
Trautmann, Joanne. The Jessamy Brides. University Park: Pennsylvania State University, 1973. Thickstun, W.R. Visionary Closure in the Modern Novel. London: Macmillan, 1988.
Vickery, John B., ed. Myth and Literature: Contemporary Theory and Practice. Lincoln, Neb.: University ob Nebraska Press, 1966.
Woolf, Leonard. The Journey Not the Arrival Matters: an Autobiography of the Years 1939 to 1969. New York: Harcourt Brace Jovanovich, 1969.

Sélection d’articles consacrés à Virginia Woolf :
Baldanza, Frank. “Orlando and the Sackvilles”, Proceedings of the Modern Languages Association of American 70 (1955): pp. 274-9.
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11 novembre 2008

Doctorat : Poétique et politique du "common" dans l'oeuvre de Virginia Woolf

Projet de thèse déposé par G. Saadaoui

“To know whom to write for is to know how to write” (1)
Virginia Woolf

Le nom de Virginia Woolf est aujourd’hui synonyme du roman centré sur le monologue intérieur et de flux de conscience ("stream of consciousness"). Elle est considérée comme l’une des premières représentantes du modernisme classique qu’elle a développé par son style innovant. Son style est constitué de voix intérieures, influencé par la chronologie morcelée et axé sur la nuance, le changement, la couleur et l’imaginaire. Non seulement romancière mais aussi essayiste, journaliste, biographe, Virginia Woolf a toujours cherché écrire de sa propre façon. Virginia Woolf fut un de ces auteurs qui donnèrent une autre dimension à leur œuvre, et son œuvre a contribué à faire émerger une écriture de la modernité. Tout au long de son œuvre, Virginia Woolf a travaillé à renouveler et à recréer le romanesque et à tisser la forme de son langage au fil d’expérimentations narratives à chaque fois différentes. Son monde fictionnel apparaît au lecteur comme une mosaïque à laquelle chaque ouvrage ajoute une tesselle, une nouvelle technique d’écriture, un nouveau style à chaque fois rénovant.

Mais c’est dans le concept du « common », qu’on retrouve l’envie de Virginia Woolf de révolutionner son écriture et de donner au roman un aspect moderniste non élitiste. En effet, le common est la source d’interrogations qui s’attachent à la problématique du poétique et du politique et de leurs rapport dans l’œuvre : sont-ils deux termes divergents ? Sont-ils en interaction ? Quel est leur rapport avec l’œuvre? Quelle est leur influence sur l’œuvre de Virginia Woolf ? Quel rapport le/la poétique et politique entretiennent-ils avec le commun?

07 octobre 2008

Parution : numéro spécial sur V. Woolf

Ci-dessous, le sommaire du cinquantième numéro du JSSE (Journal of the Short Story in English) qui vient de paraître. Sous la direction de Christine Reynier, il est consacré aux nouvelles de Virginia Woolf. Il peut être commandé auprès des Presses Universitaires d’Angers, secrétariat : catherine.dupuy@univ-angers.fr.


JOURNAL OF THE SHORT STORY IN ENGLISH ; Les Cahiers de la Nouvelle - N°50 SPRING 2008. Guest Editor : Christine Reynier. PRESSES DE L'UNIVERSITÉ D'ANGERS

TABLE OF CONTENTS
Foreword : Christine REYNIER : "The “obstinate resistance” of Woolf's Short Stories"
Part ONE : the short story commitments

Elke D'HOKER : "The Role of Imagination in Virginia Woolf's Short Fiction"
Cet article étudie la fonction, le pouvoir et la dimension éthique de l'imagination dans quelques nouvelles de Woolf écrites à différents moments de sa carrière. Il montre que si certaines nouvelles—et certains essais—de Woolf présentent l'imagination comme une force positive dans
le renouvellement de l'art, d'autres soulignent les limites de l'imagination—son recours à des formes fixes et des clichés, sa subjectivité et son incapacité à pénétrer au cœur de l'autre. En se
plaçant dans une perspective éthique, cet article tente ensuite de cerner la façon dont Woolf aborde l'imagination et de situer l'auteur dans le débat critique contemporain sur l'éthique et la littérature. Bien que Woolf, comme, d'une certaine manière, Martha Nussbaum, croie au pouvoir moral de l'imagination narrative, par sa conscience de la violence potentielle et des limites de l'imagination, elle se rapproche de la conception post-structuraliste de la critique éthique qu'ont des penseurs tels que Jacques Derrida et Derek Attridge. Enfin, cet article s'interroge sur l'opposition entre l'art et la réalité dans les nouvelles de Woolf consacrées à l'imagination et conclut que, parce que Woolf continue à croire au pouvoir imaginatif de l'art, son éthique et
son esthétique modernistes ne coïncident pas avec le projet post-moderne de Derrida et Attridge.

Charles SUMNER : "Beauty and Damaged Life in Virginia Woolf's Short Fiction"

La beauté apparaît de manière récurrente dans l'œuvre de Virginia Woolf, que ce soit à travers l'attention portée aux beaux objets, l'expérience de la beauté que font ses personnages ou son style impressionniste empreint de métaphores picturales comme la couleur, la ligne ou la
relation spatiale. Lorsqu'ils abordent la beauté dans son œuvre, les critiques s'intéressent à la manière dont ces métaphores reconstruisent formellement la complexité de l'expérience esthétique ou l'expérience sensible de la cognition. Cependant, une analyse purement formelle renforce la vision conservatrice selon laquelle Woolf utilise la beauté pour enchanter. Il est vrai que Woolf apprécie le sentiment de plaisir, de bonheur et de liberté—“l'envol de l'esprit”—que donne l'expérience de la beauté. Mais pour elle, la beauté est également un moyen de critiquer
la société. Ainsi utilise-t-elle un langage intensément lyrique pour décrire certaines formes de vie meurtrie, telles que la dépression suicidaire et la déchéance de nature économique et sociale; et la tension inattendue qui se dégage de la fusion de la souffrance et de la beauté confère à cette dernière une dimension sociale et critique. Une telle utilisation de la beauté distingue Woolf des autres modernistes qui, en général, cherchent à réfracter les bouleversements sociaux dans
un style discordant. En outre, cela permet à Woolf de lancer un défi à la honte de la beauté qu'entretient la société libérale ou au sentiment d'être à la fois privilégié et coupable qui va de pair avec l'appréciation de la beauté, en utilisant celle-ci pour observer et commenter indirectement les aspects sociaux dérangeants de son monde fictif. L'analyse montrera pourquoi elle pense que ce défi est nécessaire et comment elle le représente dans certaines nouvelles et
esquisses, en particulier dans “Holborn Viaduct,” “The Man Who Loved His Kind” et “Solid Objects.”

Kate HENDERSON : "Fashioning Anti-Semitism: Virginia Woolf's “The Duchess and the
Jeweller” and the Readers of Harper's Bazaar"

Depuis sa parution dans le Harper’s Bazaar en 1938, “The Duchess and the Jeweller” a été dénoncée comme étant ouvertement raciste. Pourtant, si l'agent littéraire, Jacques Chambrun, a au départ rejeté “The Duchess and the Jeweller”, c'est à cause de l'anti-sémitisme du lectorat américain. Woolf révisa la nouvelle et enleva toutes les allusions directes à la judéité d' Oliver Bacon qui, malgré tout, ressort encore dans la caricature. En fait, ce que la description d'une rencontre subversive de deux classes et deux groupes sociaux condamne, c'est la pratique de la consommation des lecteurs. Les lecteurs habitués, d'une part, aux stéréotypes anti-sémites et d'autre part, au consumérisme à la mode, voient Bacon mettre en œuvre les habitudes modelées par le Harper’s Bazaar avant d'accepter sottement l'aristocratie telle qu'elle se présente. Par l'intermédiaire de la voix narrative, Woolf amène le lecteur à s'identifier à Oliver Bacon. Ainsi peut-il s'interroger sur les pratiques qui mènent à sa perte, tout en remettant en cause ses
propres présupposés sur la valeur de la société aristocratique et sur le Juif comme nécessairement étranger. Woolf exige de ses personnages—et de ses lecteurs—qu'ils lisent d'un oeil plus critique, qu'ils prennent conscience de ce que le masque social cache. Paradoxalement, “The Duchess and the Jeweller” montre que nous sommes ce que nous sommes, quoi que nous possédions.

Anne BESNAULT-LEVITA : "Speech-Acts, Represented Thoughts and Human Intercourse in “The Introduction” and “Together and Apart” "

Dans Mrs Dalloway’s Party, cycle de nouvelles que Woolf rédigea aux alentours de 1925 et que Stella McNichol publia pour la première fois sous cette forme en 1973, Woolf étudie ce qu'elle appelle “l'état de conscience-réception, l'état de conscience-robes”. Dans la plupart des
nouvelles de ce cycle (“The New Dress”, “Happiness”, “Ancestors”, “The Introduction”, “Together and Apart”, “The Man Who Loved His Kind”, “A Simple Melody” et “A Summing Up”), “la réception” peut se lire comme une métaphore de la scène sociale où se jouent certains rôles et jeux linguistiques. Cette réception permet à Woolf d'examiner les énoncés dans leur contexte social, de poser des questions relatives aux hommes et aux femmes ainsi qu'à leur représentation et d'analyser le discours comme site d'ambiguïté et de conflits.

Convoquant les outils de la pragmatique et de la narratologie féministe, cet article analyse ces sites discursifs d'ambiguïté et de conflits dans “The Introduction” et “Together and Apart” où le motif de la “présentation” suggère une négociation avec ce que la culture impose, avec l'autre et avec le langage, et où les modes conflictuels de la focalisation interne—essentiellement du discours indirect libre—et du dialogue présentent la communication comme une pratique où se fondent tout à la fois le sujet, la reconnaissance intersubjective et les stratégies d'interprétation.

Ann McCLELLAN : "Adeline's (Bankrupt) Education Fund: Woolf, Women, and Education in the
Short Fiction"

Convoquant les outils de la critique féministe et des “cultural studies”, cet article analyse cinq nouvelles en les plaçant dans le cadre de la biographie de Woolf, de ses essais ainsi que de l'histoire de l'enseignement supérieur et des femmes en Grande Bretagne afin de voir comment Woolf a posé le problème des intellectuelles tout en anticipant sur sa théorisation actuelle. Dans les nouvelles, le monde fictionnel contrasté, utopique ou dystopique, des étudiantes, universités et universitaires montre que Woolf croyait fermement à la capacité de l'éducation universitaire à libérer les femmes alors même qu'elle souffrait de n'avoir pu accéder à une telle éducation et à une véritable carrière. L'écart entre sa situation privilégiée et la situation difficile des femmes exclues du système universitaire et de la culture britannique amena Woolf à penser que le manque d'éducation des femmes était la cause directe de toutes les inégalités entre les sexes.
Parce qu'elle était à la fois dans le système en tant qu'intellectuelle, enseignante et écrivaine, et hors du système—parce que n'ayant pas eu accès à l'enseignement universitaire et surtout parce que femme—elle put présenter des solutions innovantes au problème de l'éducation des femmes
et de l'inégalité entre sexes tout en analysant et critiquant le système universitaire.

Leena KORE SCHRÖDER : "Who's Afraid of Rosamond Merridew?: Reading Medieval History in “The Journal of Mistress Joan Martyn"

Cet article replace le personnage de Rosamond Merridew, qui apparaît dans “The Journal of Mistress Joan Martyn”, dans le cadre des études et de l'historiographie médiévistes du début du vingtième siècle; il se démarque de l'image que ce personnage veut donner d'elle-même, celle
d'une historienne férue d'expérimentation, féministe et marginalisée, et montre que son travail est typique de l'histoire médiévale en tant que discipline universitaire de l'époque. Tout en reconnaissant l'importance de médiévistes contemporains tels que Eileen Power (1889-1940), cet article s'attache essentiellement aux travaux de F.W. Maitland (1850-1906) qui portent sur l'organisation légale et socio-économique de l'Angleterre du Moyen-Âge et fournissent en fait le véritable modèle de la nouvelle Histoire, si souvent attribuée à Merridew. Ceci permet de lire la nouvelle en termes de pouvoir, de terre et d'identité, questions dont Woolf aurait eu onnaissance par l'intermédiaire de Maitland.

PART TWO : Beyond Experimentalism: Genetics, philosophy, science and the
short story
Oliver TAYLOR : “What's 'it'-What do you mean by 'it'?”: Lost Readings and Getting Lost
in “Kew Gardens”

La flâneuse urbaine: c'est en ces termes qu'on a souvent parlé de l'écriture de Woolf de “Street Haunting” à “Mrs Dalloway in Bond Street”. Cet article propose de revenir sur ces termes en lisant “Kew Gardens” à la lumière des journaux d'adolescence où Woolf décrit ses explorations nomades de la campagne, hors des sentiers battus. Les critiques de cette nouvelle ont négligé ou minimisé l'importance des révisions que Woolf fit du tapuscrit et d'un commun accord, lisent le
jardin en termes d'atmosphère. En présentant une comparaison détaillée du tapuscrit et de la première édition de “Kew Gardens” (1919), cette étude découvre certaines lectures perdues et les met en relation avec les observations que Woolf consigne dans son journal sur le potentiel
créatif que constitue le fait de se perdre. En outre, en examinant la façon dont Woolf révise le tapuscrit en 1919 et insiste sur l'exploration physique de l'espace par le toucher, cet article montre l'importance du corps dans toute analyse du langage, de la conscience—à la fois humaine et animale—et de l'atmosphère dans la nouvelle.


Frank STEVENSON : "Enclosing the Whole: Woolf's “Kew Gardens” as Autopoietic Narrative"

En proposant une lecture autopoiétique de “Kew Gardens”, nouvelle publiée en 1919, cet article se fonde sur une interprétation de l'empirisme et de l'expérimentation dans les premières nouvelles de Woolf plus littérale que celle généralement adoptée par les critiques. L'/autopoiesis/ est ici définie simplement comme le processus selon lequel un système reproduit l'organisation qui le définit comme système dans le cadre de son environnement élargi. De telles lectures ont été appliquées à la science-fiction et à la fiction cyberpunk ainsi qu'à la fiction d'auteurs tels que Pynchon et DeLillo, dont le thème suggère déjà ce type d'interprétation. Cependant, à ma connaissance, aucune lecture autopoiétique n'a été faite d'un écrivain “traditionnel” comme Woolf—dont le thème dans “Kew Gardens” n'est pas explicitement
autopoiétique—ni de la forme narrative en général qui prenne en compte sa création d'un espace physique, temporel et linguistique fermé. La réflexivité du système—ici, narratif—nécessite la présence de l'observateur extérieur—ici l'auteur/lecteur—à l'intérieur du système.
Cependant, alors que l'auteur/lecteur insuffle vie au système depuis l'intérieur de ce système, “Kew Gardens” met en avant l'impersonnalité mécanique du monde qu'il décrit, les ruptures dans l'espace verbal ou linguistique, les interstices ou le “bruit” entre les mots.

Laura MARCUS : "In the Circle of the Lens”: Woolf's “Telescope” Story, Scene-Making and
Memory"

Cet article examine la genèse et les différentes ré-écritures de**l'histoire *“*télescope*”* de Woolf, dont la version publiée, *“*The Searchlight*”*, parut dans le volume posthume A Haunted House and Other Stories. Dans un article publié en 1976, J.W. Graham analyse la version publiée comme étant la version ultime. Plus récemment Jane de Gay a contré ces conclusions et analysé les brouillons de *“*Freshwater*”* comme étant des textes à la fois indépendants de *“*The Searchlight*”* et postérieurs à cette nouvelle plutôt que des variantes antérieures *“*peu satisfaisantes*”*. Cet article montre que tout l'intérêt vient au contraire de l'interaction entre toutes les variantes textuelles de 1929 à 1941. Ces variantes ouvrent sur des problèmes cruciaux de création et de composition ainsi que sur la *“*création de scènes*”* qui est au cœur de l'écriture de Woolf. La construction de l'histoire*“*télescope*”* pose des problèmes liés à l'autobiographie et à l'écriture de la vie, eux-mêmes liés à la genèse et à la génétique littéraire ainsi qu'à la manière dont se forge non seulement l'écriture mais également le moi. Cet article s'intéresse à la dimension *“*cinématographique*”* de la nouvelle et à la manière dont elle s'articule, dans toutes ces variantes, avec le lien qu'établit Woolf entre distance et proximité ou passé et présent, et qui sous-tend une grande partie de ses écrits.

Teresa PRUDENTE : " “To slip easily from one thing to another”: Experimentalism and
Perception in Woolf's Short Stories "

Les nouvelles que Woolf composa entre 1917 et 1921 marquent un tournant dans son écriture, le passage de la forme conventionnelle de ses premiers romans à de nouvelles structures narratives qui préfigurent la méthode expérimentale de l'auteur. Woolf utilise la forme brève comme un champ privilégié d'expérimentation dans lequel le temps “alinéaire” (Ricœur) entre dans la narration et sape la ligne chronologique du temps. A travers la tension entre éléments contradictoires qu'elle met en œuvre, cette forme condensée répond à un double mouvement
d'“inclusion” et de “saturation” (Deleuze et Guattari) qui lui permet de devenir un espace d'expansion, un territoire infini de dilatation interne et stratifiée. En cela, la nouvelle fonctionne comme une expérience de la perception qui interroge la nature de la réalité. Cela va de pair, chez Woolf, avec la recherche de formes d'écriture flexibles qui recréent la nature insondable de la réalité et évitent toute définition stable des personnages. C'est l'expérimentation que l'on
trouve dans Monday or Tuesday qui sert de base à l'innovation dans les romans, dans lesquels Woolf intègre les concepts de durée et de narration, tels qu'ils ont été redéfinis dans les nouvelles.

PART THREE : Music, Painting, Cinema and the short story

Liliane LOUVEL : "Telling “by” Pictures: Virginia Woolf's Shorter Fiction"

Mon hypothèse de départ sera que l'écriture de Virginia Woolf, en particulier ses nouvelles, est fortement marquée par la présence du visuel. Je poursuis en cela un travail commencé par ailleurs. Woolf possédait ce que les peintres appellent *“*un oeil*”*, j'ajouterai un regard, ce qui donne à ses textes une qualité toute visuelle. J'essaierai de le démontrer dans cette analyse qui s'efforcera également d'en dégager la cohérence. Ceci devrait également permettre de définir
ce que le mot visuel veut dire, quelles formes il peut prendre dans un texte littéraire et à quels usages il peut être soumis en tant qu'outil critique lorsqu'il s'agit d'ouvrir *“*l’œil du texte*”*. Grâce à une étude attentive de certaines des pièces courtes de Woolf, j'essaierai de repérer les références explicites ou implicites à l'histoire de l'art et de voir en quoi elles *“*éclairent*”* le texte. Analyser les nouvelles de Woolf du point de vue du visuel, devrait permettre de repérer de quelle manière il fait partie intégrante de son imagination créatrice et de son processus d'écriture. Car le visuel fonctionne de deux manières: s'il est à l'origine de l'activité créatrice il est également inscrit dans l'écriture et donc participe de sa qualité littéraire. Ainsi, il pourrait être considéré comme l'un des critères permettant d'approcher la singularité de l'écriture woolfienne.

Emilie CRAPOULET : "Beyond the Boundaries of Language: Music in Virginia Woolf's “The String Quartet” "

La musique joue un rôle important dans l’esthétique woolfienne. Pour cette raison la musicalité de sa prose est une préoccupation constante, quoique non toujours bien définie, des études woolfiennes. Woolf elle-même a toujours été fascinée par la musique tout au cours de sa vie. Il n’est donc pas étonnant que ceux et celles qui s’intéressent à son œuvre soient amenés à étudier cet aspect de son esthétique. Mais cette « musicalité » est particulièrement difficile à évaluer, et on l’a souvent interprétée d’une façon simpliste et impressionniste. En prenant comme point de départ sa nouvelle, « Le Quatuor à cordes », nous montrerons que l’expérience musicale, telle qu’elle est décrite dans ce texte par Virginia Woolf, est loin d’être une simple évocation superficielle de rêves, d’images ou de sentiments musicaux, mais, qu’au contraire, Woolf explore ici avec beaucoup de discernement et d’intelligence, le sens même de la musique, sous toutes ses facettes. Cette nouvelle démontre surtout le rapport de la musique avec la conscience, l’imagination, le langage et l’expression littéraire, en nous amenant à sa potentielle fonction ontologique et transcendantale.

Abbie GARRINGTON : "Reflections on a Cinematic Story"

La nouvelle de Virginia Woolf, “The Lady in the Looking Glass: A Reflection”, qui fut publiée en décembre 1929, est souvent analysée comme une esquisse que lui aurait inspirée l'artiste Ethel Sands à qui Woolf avait rendu visite peu de temps auparavant. Plutôt que de considérer cette nouvelle comme une esquisse, cet article propose de la lire à la lumière de l'essai que Woolf écrivit en 1926, “The Cinema”. Il apparaît que par sa forme et son contenu, son cadrage et son sujet, cette nouvelle rencontre les préoccupations de cet essai qui, bien que connu, est souvent considéré comme marginal par rapport au reste de l'œuvre de l'auteur. L'étude des éléments filmiques dans “The Lady” et du dialogue fructueux que la nouvelle entretient avec l'essai sur le
cinéma montre que, par bien des côtés, cette nouvelle s'intègre pleinement à la recherche que mène Woolf d'une forme “cinématographique”, selon les termes qu'emploiera Joseph Frank. En
outre, loin de se contenter de simples analogies entre texte littéraire et film, Woolf forge dans cette nouvelle un style littéraire nouveau qui mobilise des éléments filmiques à même de saisir la complexité d'une vie. Il apparaît alors évident que dans “The Lady”, le statut de Woolf est celui d'un pionnier du mode cinématographique.

18 août 2008

Woolf lectrice / Woolf critique

La revue ebc (Etudes britanniques contemporaines) publiait, à l'automne 2007, un nouveau numéro hors série rassemblant les travaux présentés au colloque annuel de la SEW (Société des études woolfiennes). Le colloque de juin 2006, à Toulouse, organisé par Catherine Bernard et Catherine Lanone, était consacré à "Woolf lectrice / Woolf critique."

Le sommaire est structuré comme suit (12 articles) :
1. Questions de formes / questions de genres
2. Lectures en travail : a) tissage ou envol : les métaphores herméneutiques ; b) empreintes de lectures ; c) L'être-en-commun
3. Influences [dont : les rapports de Woolf avec Matthew Arnold, et avec "l'âme russe"]

Ecritures critiques : parution ebc 2007

La revue ebc (Etudes britanniques contemporaines) publiait en décembre 2007 (n° 33) un volume d'études présentées initialement dans le cadre du colloque de la SEAC (Société d'études anglaises contemporaines) : "The Critical Writings of Twentieth-Century British Novelists". Un ensemble d'articles qui sera éclairant pour tous ceux qui travaillent sur l'articulation entre écriture et théorie, en particulier dans le champ anglophone.
Au sommaire, travaux sur T.S. Eliot F.R. Leavis et D.H. Lawrence, sur V. Woolf, sur E.M. Forster, sur J.C. Powys en regard de Bakhtin, sur E. Waugh, B.S. Johnson, Will Self, et sur la récurrence de l'aphorisme comme forme critique "à travers les âges" de la critique anglaise.

03 août 2008

La scène dans l'oeuvre de Virginia Woolf

Ci-dessous, le résumé du mémoire de Master 2 de Ghizlane Saadaoui, présenté en soutenance le 17 juin 2008 :

La scène dans l’oeuvre de Virginia Woolf

“These are questions about reality, about scenes and their connection with writing to which I have no answer; nor time to put the question carefully. Perhaps if I should revise and rewrite as I intend, I will make the question more exact; and worry out something by way of answer.” (Virginia Woolf)


Mobilité, polyphonie, flux des consciences, mouvement dans le temps, multiplicité, et discontinuité : autant d’attributs que l’on pourrait associer à la poétique de Woolf. La scène est un élément important qui fait la poétique du multiple dans l’œuvre de Woolf et se constitue en base de son écriture. Il apparaît que multiplier les sujets et les formes et bouleverser les techniques traditionnelles du roman est une façon pour l’auteur de mettre son écriture à l’épreuve, donc d’inventer une nouvelle manière d’écrire pour défier les conventions qui permettent de classer les productions artistiques et de différencier les unes des autres selon des critères de forme et de style (selon les conventions littéraires des écrivains des siècles précédents). La scène est donc cette nouvelle façon pour Woolf d’écrire, de transgresser et subvertir l’ordre des choses.
Le concept de « scène » est aussi utilisé par l’auteur comme point d’origine sans cesse recommencé et repris comme moteur de la créativité. En effet ce qui ressort de ce travail c’est que la scène est une entité sur laquelle l’écriture peut s’accorder et prendre sens. Woolf écrit dans Moments of Being que le concept de scène constitue pour elle la base de l'écriture et qu’elle doit souvent retrouver une scène (vue, lue ou vécue) en relation avec ce qu’elle écrit : « in all the writing I have done (novels, criticism, biography) I almost always have to find a scene; either when I am writing about a person, I must find a representative scene in their lives; or when I am writing about a book, I must find the scene in their poems or novels. »
Woolf confirme dans "A Sketch of the Past" que la scène est une façon de retenir les impressions que lui font les lieux, les paysages et les êtres qu’elle croise sur son chemin. C’est ce qu’elle appelle dans Moments of Being le processus de shock-receiving : « I go on to suppose that the shock-receiving capacity is what makes me a writer. » Ce qui constitue sa réserve d’images et de souvenirs à partir desquels elle forme la base de l'écriture. La scène pour elle est une façon de témoigner du passé et le marquer dans la mémoire : «But whatever the reason may be, I find that scene making is my natural way of marking the past.»
Le but de mon sujet est d’étudier la scène dans le cadre de l’oeuvre de Virginia Woolf comme un nouveau concept d’écriture. Woolf utilise le concept de «scène» pour déjouer les mécanismes de lecture et relancer l’interprétation. La scène est donc l’outil utilisé par l’auteur pour mettre l’accent sur la mixité des genres et pousser les limites entre roman, essai, théâtre, etc. Cependant, cette étude n’entend pas seulement détecter les différents passages qui représentent les scènes dans le roman ; le but est aussi de proposer une méthode pour les analyser et les expliquer. Dans ce sens, j’ai tenté d’effectuer une analyse textuelle sur l’organisation de quelques scènes en me basant sur la grammaire, les champs sémantiques, l’espace de scène, le temps de scène et les personnages qui y sont inclus.
En effet, l’importance du découpage, que je me suis appliquée parfois à réaliser avec difficulté, m’a permis de mieux cerner la scène et sa fonction dans le texte. La scène ne peut être facilement cadrée, délimitée et caractérisée de façon précise car les scènes, qui se succèdent, sont toujours en évolution et sont imprégnées, au fil de nos lectures, de constantes ruptures et alternances. Par ailleurs, pour étudier la scène dans l’œuvre de Virginia Woolf, il faut s’en tenir aux critères du mouvement des pensées et des voix dans le temps, aux fragments des pensées, aux myriades des impressions, au passage des personnages dans l’espace de scène, au transport et la circulation des rues de Londres et aux longues descriptions du paysage de campagne. The London scene, Between the Acts , et Mrs Dalloway illustrent parfaitement cette diversité de scènes et mettent l’accent sur son caractère instable et changeant.

Mais pourquoi concentrer notre attention sur les trois œuvres : The London scene, Between the Acts, et Mrs Dalloway ?

1) The London Scene, une série de six essais, a pour fonction essentielle de nous faire faire une visite guidée de Londres. C’est à travers le regard du narrateur et sa sensibilité au détail qu’on va l’accompagner dans sa déambulation dans les rues de Londres. Un parcours de lieux importants de cette ville où la poésie et la réflexion ne sont jamais absentes. Cette disposition des lieux suit le parcours suivant : London Docks, Oxford street, John Keats’ house, Hamstead Heath, Thomas Carlyle’s house (Chelsea), St Paul’s Cathedral, Westminster Abbey et enfin les Houses of Parliament. En effet, la visite de Londres dans son déroulement ne constitue peut-être pas une image spatialement ou symboliquement unifiée, mais une constellation de différentes scènes et des lieux visités tout au long du trajet du narrateur. Aussi, on y trouvera un itinéraire tracé de façon à donner à la scène l’attrait visuel d’une promenade où le panorama se découvre, à chaque tournant dans une nouvelle perspective.
Ainsi le terme « scène » est important à étudier dans sa diversité car il peut désigner dans un premier sens, une scène de rue qui ambitionne de nous faire voir un mouvement spatial du narrateur d’une scène à l’autre (d’un lieu à l’autre). La scène peut aussi servir d’alternative pour nous montrer des personnages agissant (commerçants, ouvriers, et gens de la rue), parfois sans dialogue, et des voix anonymes comme pour peindre justement une image de Londres à travers le regard du narrateur. Ainsi, la rue de Londres s’avère être l’espace principal de la scène et aussi l’occasion d’une observation précise du mouvement incessant des personnages, des voitures, des navires, du déchargement des denrées et de la marchandise. Une rue où le brassage des clients et des marchands offre un spectacle de la vie de Londres. C’est un mouvement non seulement de la vie mais aussi de la mort, l’une évoluant incessamment, et l’autre représentée dans un état statique et figé.
Dans un autre sens, on peut repérer le mot « scène » dans d’autres passages que j’ai examinés de plus près. J’ai ressenti le besoin de les étudier dans la mesure où Woolf les a presque démarqués des autres passages. Pour donner des aspects différents à la scène dans un contexte qu’on peut dénommer « essay-novel », elle nous propose alors trois différentes scènes : 1) « The wine vaults, a scene of extraordinary solemnity » (p. 13 [édition : London, Echo, 2006]) , 2) « Great men houses, the scene of Labour, effort and perpetual struggle et enfin » (p. 34), 3) « House of Commons, the old scenes of stir and bustle » (p. 55) . C’est pour ainsi dire que le mot « scène » s’attarde sur des passages qui peuvent nous sembler au premier abord banals, mais dont l’importance et la beauté aux yeux du narrateur sont ressuscitées par le processus de la scène. Car rien n’échappe au regard du narrateur, même les détails qui peuvent nous sembler insignifiants.
On sollicitera donc ce narrateur pour nous accompagner dans ce mouvement d’une scène à l’autre où Londres s’offre comme le lieu et l’espace idéal d’une exploration de la scène woolfienne. Car Londres comme scène est très intéressante à étudier puisqu’elle est l’espace qui permet un itinéraire soumis au regard et déplacement du narrateur et qui offre dans son chemin la scène dans toute sa multiplicité et diversité.

2) Between the Acts : la scène étudiée se rapproche du modèle théâtral et aborde le passage (de la page 68 à la page 189 ; édition : Oxford World’s Classics) qui concerne la pièce improvisée et jouée par les personnages dans un cadre scénique entièrement naturel (le jardin des Oliver) et que l’auteur dénomme « the Pageant » (p. 174). Cette étude est une façon de penser et de désigner la scène dans son versant théâtral qui représente l’espace lié au plateau de scène où se joue la pièce : acteurs et spectateurs inclus. Il est aussi pertinent d’étudier le hors-scène (arrière-plan et le décor de la scène théâtrale) qui est improvisé par des éléments de la nature qui entourent la maison des Oliver. J’ai tenté tout au long de cette étude de savoir si les deux espaces (l’espace de scène et le hors-scène) se divisent ou s’unissent pour former une nouvelle dimension de la scène. Il est apparu pertinent de mettre en relation la scène avec plusieurs éléments, comme la nature, la guerre, la mythologie, l’histoire et le temps présent, du point de vue de leur mode de fonctionnement et ainsi de voir comment l’auteur tente d’aménager et imbriquer plusieurs perspectives de la scène pour faire de son œuvre un novel-play.
Ensuite il est important d’étudier la scène du pageant comme un concept instable qui ne cesse de bousculer le spectateur et le lecteur par des provocations qui visent à perturber les normes de la représentation théâtrale. La scène se construit pour transgresser et dérouter l’ordre de la pièce (prologue, performance et épilogue) et surtout pour brouiller les frontières entre le spectateur et l’acteur et entre l’espace dédié à la pièce et l’espace réservé au public.

3) Mrs Dalloway : Le mouvement s’avère être un paramètre important dans cette partie du mémoire pour étudier la scène comme concept versatile et mouvant et qui représente l’activité incessante de la ville, des pensées, des voix, etc. Ce qui me semble pertinent dans ce passage de Mrs Dalloway (de la page 16 à la page 22 [édition : Penguin Popular Classics, 1996]) c’est que le lecteur est appelé à suivre le mouvement de la scène dans son déroulement, son lexique et son rythme. Car la scène est précisément cartographiée et prend sens grâce au transport de la voiture royale, du personnage de la voiture, et des voix qui entourent cette dernière. En effet, la scène ici est une scène en mouvement et le transport en est la clé. Ainsi, la structure de Mrs Dalloway est fluide et mouvante car tout circule ; les destins convergent, les chemins se croisent et les consciences se mêlent dans un langage du silence. Il y a aussi le transport des individus dans l’espace de la ville, transport d’un espace mental à l’autre et transport des voitures, omnibus, etc. Tout semble se réunir dans une même énergie et même poétique du mouvement perpétuel qui anime et fait de Londres, comme le perçoit Woolf, une entité vivante.
Cette dernière partie entend aussi d’analyser la scène sur un autre type de mouvement relatif au va et vient dans le temps, entre les rêves et souvenirs d’un grand moment dramatique de la vie d’un personnage (Peter). L’idée du temps est très pertinente dans cette nouvelle scène car l’auteur donne un rôle fondamental au surgissement du passé. Dans ce passage, le personnage Peter Walsh est souvent livré à l’aléatoire de sa condition et se meut dans un entre-deux temporel : son passé qui est le réservoir d’évocations nostalgiques concernant son histoire avec Clarissa Dalloway et son présent qui est lié à la réalité de sa condition actuelle, quant à sa relation incertaine avec les femmes en général. Cette étude est donc basée sur un temps de la conscience constamment infléchi par le surgissement du passé, décentrée et instable, faisant des va-et-vient permanents entre les rêves, souvenirs et la réalité.
Enfin, Mrs Dalloway est une étape finale et essentielle pour indiquer que la scène dans l’oeuvre de Woolf n’est pas une notion circonscrite et précise, n’obéit pas une logique, et ne possède pas d’indices structurels ou textuels pour la démarquer du texte, car tout peut faire scène chez Virginia Woolf.

Ainsi, la scène tend pertinemment un appât vers quelque chose qui est en jeu et qui nous démontre que l’écriture de Virginia Woolf est sans cesse expérimentée. Son écriture traduit pour l’écriture moderniste une nouvelle manière de penser la scène dans un contexte narratif. La scène dans ses oeuvres est encore riche de virtualités inexplorées et reste ouverte à plusieurs niveaux de lecture.

11 juillet 2008

Atelier Woolf - programme 2008-2009

A la rentrée, l'Atelier Woolf se penchera sur les adaptations et les traductions de l'oeuvre de Woolf. Il s'organisera en quatre demi-journées ou journées, selon le type d'activité :
- nous passerons d'abord en revue l'appareil critique (sur Woolf et la scène) et théorique (sur l'adaptation). Toute forme est possible, selon ce que chaque intervenant jugera le plus adéquat (compte-rendu d'ouvrage, point sur une grande questions impliquée par cette problématique, bibliographie commentée, etc.)
- Nous consacrerons ensuite une séance aux adaptations d'Orlando à la scène et à l'écran. Nous visionnerons à cette occasion le film de Sally Potter, que nous commenterons.
- Nous voudrions, pour la troisième séance, travailler collectivement à la traduction d'un passage à définir.
- Enfin, nous réfléchirons, avec les metteurs en scène invités, au passage à la scène du corpus woolfien. Cette dernière séance pourrait prendre la forme d'une journée d'étude, selon les propositions recueillies.

L'Atelier se voulant participatif, ces demi-journées ou journées d'étude s'organiseront autour des propositions que vous pouvez nous faire parvenir par mèl avant le 15 septembre.

Cette thématique nous semble également appeler un recensement des adaptations du corpus woolfien. Aussi nous proposons-nous de rassembler les informations concernant ces adaptations (date, lieu d'archivage, etc.) afin de constituer une base de données mise à disposition de tous.

Les propositions pour les journées d'étude de même que les informations concernant les adapatations sont à envoyer à
Caroline Marie
crln.marie@laposte.net
ET à Anne-Laure Rigeade
alrig2007@yahoo.fr

Merci pour ce double envoi.

07 mai 2008

Parution : V. Woolf et les écritures du moi

Vient de paraître :

Frédérique Amselle : Virginia Woolf et les écritures du moi. Le journal
et l'autobiographie.
(Montpellier: Presses universitaires de la
Méditerranée, collection/ Present Perfect,/ 2008. 277 p. ISSN 1773-5165.
23 euros. www.PULM.fr)

Virginia Woolf et les écritures du moi s'intéresse aux cinq textes qui constituent Moments of Being, au journal de jeunesse, The Early Diaries, au Journal, ainsi qu'à Carlyle's House and Other Sketches. Il ne s'agit pas d'opérer une lecture biographique de ces écrits mais de les considérer comme une œuvre à part entière qui existe par et pour elle-même. Situer ces textes dans l'espace générique des « écritures du moi » implique une tentative de définition du genre, préalable à la mise en perspective de l'œuvre woolfienne au sein de ce genre. Le paradoxe de
l'écriture du moi chez Woolf soulève non seulement la question de l'identité du sujet mais aussi celle de la place de l'autre dans le texte autobiographique. La démarche scripturale s'inscrit alors
doublement dans le temps, dans un va et vient sensible entre la mémoire et la mort.

02 novembre 2007

Recherche sur Virginia Woolf

La Société d'Etudes Woolfienne (SEW) organise un colloque à l'Université Paris-Diderot - Paris 7, UFR d'Etudes anglophones, les 27-28 juin 2008 : « Woolf as reader / Woolf as critic ». Je vous transmets l'argumentaire :

Numerous studies have explored Woolf's intertextual imagination, the way she taps into the vast literary memory that is hers in order to reinvent literature. Far rarer have so far been the studies focusing on the way her writing was obliquely inspired by her intense reading as well as her activity as a literary critic. Her articles for the TLS, her critical essays, her diary, even her letters all testify however to the fact that a similar energy runs through her reading and her writing, an energy crucial to her task as « thinker / writer ». In order to understand Woolf's praxis of reading / writing one will try to explore how she invents an art of reading, an art that is from the start critical and that anticipates on the poetics she will refine throughout her essays and her fiction. One will also try to understand how such a poetics of reading opens more widely onto a definition of reading caught in the « here and now » of experience, but also caught in history, the history for instance of those « outsiders » Woolf observed in the public libraries and whom she appeals to in Three Guineas.
At the heart of such a poetics of reading it is in fact a politics of reading that may also be traced. It roots itself in an intensely private experience of literature, as her diary testifies, but also in the cultural history of England. Reading thus proves both a private and a collective experience that ultimately defines a « common ground » and the utopian figure of a reader who is both modern and ancient, singular and universal.
A first conference, organized by the University of Toulouse-Le Mirail in June 2006 was the occasion for a first exploration of Woolf's praxis of reading. During this second conference, we will open the corpus of analysis even further by turning to her diairy, her letters or her reading notes, as well as carrying on with the exploration of her essays whether it be her literary criticism or her more theoretical essays. For this second conference, the papers will be given in English.

21 mars 2007

Journée d'étude V. Woolf

Rappel: la Société d'Etudes Woolfiennes organise une journée d'étude le vendredi 8 juin, à l'UFR d'Etudes anglophones de Paris 7 (Institut Charles V, 10 rue Charles V, Paris 4ème). Cette journée d'étude aura pour objectif de réunir - sur le modèle des Doctoriales - jeunes chercheurs et chercheurs plus confirmés de manière à permettre aux doctorants de présenter leurs travaux et de confronter leurs approches méthodologiques.
Cette rencontre sera également l'occasion de faire un point sur les recherches récentes dans le domaine des études woolfiennes.
Les étudiants souhaitant participer à cette journée d'étude peuvent m'adresser leurs propositions par mail - je transmettrai au Professeur Catherine Bernard, organisatrice de la journée. Les propositions n'ont à être très abouties, l'idée étant précisément de faire le point sur des travaux en cours.

12 février 2007

Atelier Woolf

L'Atelier Woolf se réunira pour la première fois
le samedi 24 février de 10 h à 12h30 en salle B237.

Je vous en rappelle le principe:

Consacré à la lecture des ouvrages de Virginia Woolf (essai, roman, nouvelle, journal, correspondance), cet atelier se veut participatif et informel : avant la séance, un intervenant propose un programme de lecture (un ou deux textes) qu’il présente dans l’atelier avant discussion avec les participants.

Marie Laniel animera cette séance consacrée au pélerinage littéraire, à partir d'extraits de “Great Men’s Houses” et Jacob's Room ainsi que de Carlyle.

N'hésitez pas à me contacter par mèl pour recevoir ces textes en document attaché afin de pouvoir préparer la séance.

23 octobre 2006

International Virginia Woolf Society

Le site de la Société des Etudes Woolfienne, société de recherche française, est désormais en lien sur le site de la International Virginia Woolf Society.
Dans la barre de gauche, l'onglet "Bibliography" permet de consulter les publications consacrées à l'oeuvre de Woolf (le recensement est assez exhaustif pour les publications en langue anglaise, moins pour les publications en langue française).
L'onglet CFPs - Call for Conference Papers - relaie les appels à communication des différentes sociétés woolfiennes, ce qui permet de voir les grandes orientations de la recherche dans ce domaine.

Société des Etudes Woolfiennes

La Société des Etudes Woolfiennes a tenu son assemblée générale en octobre.
Certains d'entre vous peuvent être intéressées par ses activités, d'autant plus qu'elle met en place cette année une journée des doctorants afin de permettre aux étudiants, - thésards mais également étudiants de Master - de se rencontrer et de confronter leurs axes de recherches.

Voici donc le bilan de nos activités de recherche ces dernières années ainsi que le programme à venir:

LA SOCIÉTÉ D’ÉTUDES WOOLFIENNES

S. E. W.

*

Présidente : Catherine BERNARD (Université Paris 7 — Denis Diderot)

Vice-Présidente : Catherine LANONE (Université de Toulouse II — Le Mirail)

Secrétaire : Chantal DELOURME (Université Paris X — Nanterre)

Trésorière : Françoise BORT (Université Marne La Vallée)

La SEW a maintenant plus de 10 ans d’existence et accueille les doctorants, chercheurs et enseignants, anglicistes et comparatistes, intéressés par les divers aspects de l’œuvre de Virginia WOOLF, mais aussi les doctorants, chercheurs et enseignants qui travaillent plus largement sur le modernisme.

La SEW a pour vocation de faire avancer la connaissance de l’œuvre de V. Woolf, en revisitant les textes les plus connus et en favorisant l’étude de ceux qui sont moins lus et moins analysés, comme les essais critiques ou la correspondance. La Société favorise l’échange d’informations entre ses membres, par le biais d’une liste de messagerie et d’un bulletin d’information.

Les travaux effectifs se présentent en deux volets, répondant aux besoins des différents adhérents :

1 – des journées d’études destinés aux doctorants, organisées tous les ans au printemps.

2 – des colloques centrés autour de thèmes précis, qui ont lieu une année sur deux. Les colloques sont suivis par la publication d’actes, après sélection par un comité de lecture.

Les derniers colloques ont donné lieu aux publications suivantes :

* Métamorphoses et récit dans l’œuvre de Virginia Woolf, sous la direction de Christine Reynier, Études Britanniques Contemporaines, numéro hors série octobre 1997, Presses Universitaires de Montpellier.

* Things in Virginia Woolf’s Works, sous la direction de Christine Reynier, Études Britanniques Contemporaines, numéro hors série Automne 1999, Presses Universitaires de Montpellier.

* V. Woolf, Le Pur et l’Impur, Colloque de Cerisy 2001, publié sous la direction de Catherine Bernard et Christine Reynier, Presses Universitaires de Rennes, 2002.

* Conversation In Virginia Woolf’s Works, colloque de Montpellier 2003, sous la direction de Christine Reynier, Études Britanniques Contemporaines, numéro hors série Automne 2004, Presses Universitaires de Montpellier.

* Woolf lectrice, volume 1 : les essais, colloque de Toulouse 2006, est un volume actuellement en préparation, et il sera suivi d’un deuxième volume : « Woolf lectrice dans les œuvres autobiographiques » (journaux, correspondance et textes autobiographiques), à la suite du prochain colloque programmé en juin 2008 à Paris 7.

Les publications sont adressées gratuitement à tous les membres de la Société.

POUR DEVENIR MEMBRE DE LA SEW, il convient d’adresser :

- 1) - votre cotisation, renouvelable chaque année en octobre :

25€ pour les enseignants

15€ pour les doctorants

par chèque à l’ordre de la SEW, à la trésorière :

Françoise Bort – 12 avenue Claude Vellefaux, 75010 Paris.

- 2) - ainsi qu’un message électronique contenant votre adresse postale personnelle, numéro de téléphone, établissement d’affectation et fonctions, à

<francoise.bort@free.fr> (attention, pas de cédille au prénom)

afin d’être ajouté au fichier et à la liste de messagerie de la Société.

* * *

Au plaisir de vous croiser à la prochaine journée des doctorants.

09 août 2006

V. Woolf, la théâtralité, et l'essai

A tous ceux qui travaillent sur l'oeuvre de Virginia Woolf, je voulais rappeler que Caroline Marie, enseignante arrivée au DELA en février dernier, est l'auteur d'une thèse de doctorat intitulée Virginia Woolf : le roman du spectacle, ainsi que d'une série d'articles sur la question de la théâtralité. Vous pouvez prendre contact avec elle si vous voulez la consulter, ou lui demander des détails bibliographiques sur ses travaux (bibliographie consultable sur le site de la SAES, rubrique Bibliographies).
Je vous signale en particulier un article présenté lors du dernier colloque de la SEW (Société des Etudes Woolfiennes), tenu à Toulouse en juin dernier sur le thème : "Virginia Woolf lectrice / critique". Intitulé "Modélisation de la lecture chez Woolf : lecture du théâtre, lecture et théâtre, lecture en théâtre", il sera publié dans les Actes du colloque, dans un numéro spécial de la revue Ebc (Etudes britanniques contemporaines), vraisemblablement au cours de la prochaine année universitaire.
Quelques autres repères bibliographiques parmi les travaux récents sur V. Woolf, cités dans cet article :
  • Stanford Friedman, Susan. "Virginia Woolf's Pedagogical Scenes of Reading :The Voyage Out, The Common Reader, and Her "Common Readers". In Virginia Woolf, Modern Fiction Studies 38 n°1 (Spring 1992).
  • Rosenberg, Carol and Jeanne Dubino ed. Virginia Woolf and the Essay. New York : St Martin's Press, 1997.
  • Brosnan, Leila. Reading Virginia Woolf's Essays and Journalism. Edinburgh : Edinburgh University Press, 1997.
  • Lee, Hermione. "Virginia Woolf's Essays". In The Cambridge Companion to Virginia Woolf, Sue Roe and Susan Sellers eds. Cambridge : Cambridge University Press, 2000.
  • Silver, Brenda. "Virginia Woolf and the Concept of Community : the Elizabethan Playhouse". Women's Studies 4 n° 2/3 (1977).
  • Cuddy-Keane, Melba. Virginia Woolf, the Intellectual and the Public Sphere. Cambridge : Cambridge University Press, 2003.