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02 février 2016

Séminaire Littérature et cosmopolitisme - Francesca Orsini, 5 février 2016

je relaye :
Chers collègues,

pour la prochaine séance du séminaire "Littérature et cosmopolitisme" http://www.thalim.cnrs.fr/seminaires-et-formations/article/litterature-et-cosmopolitisme,nous aurons le plaisir d'entendre Francesca Orsini (Professor of Hindi and South Asian Literatures, SOAS, University of London), qui nous parlera du sujet suivant :
"Significant geographies" in lieu of "world" literature – it's not just about the cosmopolitans


Current conceptualisations of world literature, based on a centre-peripheries world system model or on circulation, assume that there is, now, one world literature. Alternative conceptualizations of “planetary” or “global” literature may question its supposed unity or emphasise technologies of circulation and exclusion, but an implicit hierarchy is nonetheless set in place that ends up making nine tenths of the world, and of literature produced in the world, drop off the map or appear hopelessly “peripheral ”, while valorising the transnational and the cosmopolitan. In developing a “bottom-up” and multilingual approach to world literature that takes the local seriously, in lieu of a generic “world” or “global” elsewhere, to which only very few ever have access, I propose “significant geographies” as a more modest and accurate concept that stimulates us to think imaginatively and productively about literature in the world. By “significant geographies” I mean both imaginative and conceptual geographies within texts and genres as well as the networks along which texts and genres circulate. In multilingual literary cultures such “significant geographies” are always multiple and only partly overlap. In exploring them we can trace actual processes of transmission, translation, appropriation, and elaboration, as well as inclusion and exclusion, and avoid hubristic claims to “world literature.” My examples will come from my current work on the multilingual literary history of early modern North India, drawing from a number of texts and genres in Hindi, Urdu, Persian and English.

Francesca Orsini is Professor of Hindi and South Asian Literature at SOAS. Her research interests span modern and contemporary Hindi literature; popular literature in Hindi and Urdu; women writers and women's journals; book history and nineteenth-century commercial publishing in Hindi and Urdu and the multilingual history of literature in early modern North India. Her publications include: The Hindi Public Sphere 1920-1940: Language and Literature in the Age of Nationalism, OUP Delhi 2002, Love in South Asia (CUP 2006), Print and Pleasure: Popular literature and entertaining fictions in colonial North India, 2009 ;Before the Divide: Hindi and Urdu literary cultures (2010), After Timur Left: Cultural production and circulation in fifteenth-century North India (2014, with Samira Sheikh). She has newly embarked on an ERC-funded project on "Multilingual locals and significant geographies: for a bottom-up approach to world literature" which explores and compares the modern literary cultures of north India, Maghreb, and the Horn of Africa (with Karima Laachir and Sara Marzagora)

Cette conférence aura lieu le vendredi 5 février 2016, de 14h à 16h, à l'ENS, 45 rue d'Ulm, en salle Henri Cartan. Nous attirons votre attention sur le fait qu'il y a un changement de salle par rapport au programme général du séminaire diffusé en début d'année. Pour accéder à la salle Henri Cartan, tournez à droite juste après l'accueil en direction du Pavillon Pasteur, puis à gauche en empruntant l'allée bordée d'arbres. Lorsque vous arrivez au bout de cette allée, vous tombez sur "l'aile Rataud": la salle Henri Cartan se trouve au niveau -2, passage rouge.
Bien cordialement,
Laetitia Zecchini

13 mars 2014

Généalogies du mondial - cycle 2014-2016

Le groupe de recherche "Poétique de l'étranger" lance son cycle de recherche pour les deux années qui viennent, en continuation du séminaire "Diversité des langues et poétique de l'histoire".

L'argumentaire général et la bibliographie sont d'ores et déjà en ligne.

Le calendrier sera précisé prochainement. Nous fonctionnerons à la fois avec une série de journées d'étude transdisciplinaires, et un séminaire plus régulier pour un travail de laboratoire, informel et exploratoire.


Premières dates à retenir :

samedi 5 avril 2014 : séminaire #1
samedi 17 mai 2014 : séminaire #2
vendredi 13 juin 2014 : première journée d'étude "Littérature du monde" envisagée, en partenariat avec l'équipe enseignante du master Littérature/s de l'Université Paris 8, à confirmer. Il s'agirait de rassembler l'ensemble des littératures étudiées à l'université et d'ouvrir un débat commun autour de la question : "Comment la question du mondial émerge-t-elle dans votre discipline ?"

18 février 2014

A Special Issue of ARIEL - A Review of International English Literature: Experimental Writing in a Globalizing World

Where some critics see experimental writing as unified by a quest to revitalize literature itself, others would argue that this vitality and heterogeneity cannot be uncoupled from world-transformative processes, however desirable or unwelcome. This special issue of ARIEL: A Review of International English Literature will examine how experimental writing from the 21st and late 20th centuries rises to the challenges of representation associated with the complex, uneven, and disparate dynamics of global change.

26 mai 2009

Colloque : "La nation nommée roman" (4-6 juin, Paris IV)

« La nation nommée Roman » face aux histoires nationales : quels enjeux éthiques pour l’écriture romanesque depuis 1960 ?
Colloque international et interdisciplinaire du Centre de Recherche en Littérature Comparée de l’université Paris-Sorbonne (Paris IV)
Les 4-5-6 juin 2009 à la Maison de la Recherche de l’université Paris-Sorbonne
28 rue Serpente 75006 Paris. Salle D-035
Organisation : Danielle Perrot-Corpet (Paris IV/CRLC), Lise Gauvin (Université de Montréal / CRILCQ), Jean-Yves Masson (Paris IV/CRLC)
Site du CRLC : www.crlc.paris4.sorbonne.fr
Contact : danielle.perrot@wanadoo.fr

ARGUMENTAIRE ET PROGRAMME
Dans un monde où le grand récit de la Raison occidentale a laissé la place à une « archipélisation » des discours (Édouard Glissant), le roman a vu l’émergence de consciences linguistiques inédites, qu’elles soient liées au bilinguisme imposé par l’expérience coloniale, aux expériences de l’exil et de l’errance, ou encore au malaise de nombreux écrivains allemands, autrichiens, français, espagnols et autres vis-à-vis d’une langue maternelle dont la mémoire historique est ressentie comme chargée de crimes. Aux yeux de Carlos Fuentes, « la nation nommée Roman » rassemble ainsi ses « citoyens » romanciers à travers le monde, au gré d’un mouvement de relativisation et de démultiplication des critères d’appartenance identitaire, mouvement qui, depuis maintenant plusieurs décennies, vise à remettre en cause la désormais classique distribution des scènes littéraires entre « centre » et « périphérie » : « Nous sommes tous périphériques — écrit Fuentes —, ce qui est peut-être la seule façon d’être aujourd’hui universel » (Geografía de la novela, 1993 / Géographie du roman, 1997, p. 21).

On peut se demander dans quelle mesure une telle position ne suppose pas résolues des tensions qui sont peut-être inhérentes à la littérature elle-même, dans son effort pour se constituer en espace autonome, pour se libérer des déterminations historiques et culturelles qui pèsent sur tout écrivain. Si l’on choisit de voir dans la littérature l’effet spécifique d’un processus d’arrachement à des déterminations historiques (et en particulier « nationales ») qui, elles, demeurent différenciées d’une scène littéraire à une autre : jusqu’à quel point sera-t-on fondé à reconnaître et à décrire de mêmes enjeux dans les entreprises littéraires d’écrivains séparés a priori par des contextes historiques très contrastés ? Jusqu’à quel point, par exemple, un Allemand, un Suisse, un Colombien et un Québécois sont-ils susceptibles de partager la même idée de ce que peut ou doit la littérature ?

Il nous semble que seule la mise en regard de lectures attentives à la manière dont chaque œuvre articule l’expérimentation formelle à une inscription du destinateur et du destinataire dans un espace éthique pourrait apporter quelques éléments de réponse à ces questions. Des éléments de réponse certes très partiels, mais susceptibles de fournir quelques précieux (contre?) - exemples aux nombreux discours généraux qui fleurissent actuellement sur la littérature « mondialisée ».

Pistes de recherche possibles
- Les similitudes sont frappantes entre le travail des romanciers des aires postcoloniales pour donner un nom aux réalités masquées par le discours européocentriste, pour donner une voix aux « vaincus », esclaves, marginaux et autres parias de la culture dominante (travail théorisé notamment par Edouard Glissant ou Carlos Fuentes), et l’effort que mènent depuis les années 1960 certains auteurs européens pour « décoloniser » leur propre langue occupée par une mythologie identitaire qui, des spéculations romantiques sur le « génie des langues » à la langue de bois des totalitarismes, fait obstacle à l’émergence d’une authentique « expérience du divers » (Segalen), seule susceptible de féconder une réflexion sur l’Europe comme espace ouvert et creuset d’influences en perpétuelles variations.

Pour autant, ce travail de « décolonisation » de la langue par l’écriture romanesque est-il le même en Europe, dans les aires postcoloniales, ou encore au Québec ? Si le romancier doit chercher, selon la formule de Juan Goytisolo dans Juan sin tierra (1975), à « penser contre sa propre langue » en travaillant à la libérer des habitudes mentales qu’une longue domination idéologique a comme calcifiées jusque dans ses mots et ses structures, ce romancier livre-t-il le même combat lorsque la langue en question est celle de l’ancienne puissance coloniale, et lorsque cette même langue est dénoncée comme chargée d’une mythologie aliénante voire criminelle par l’écrivain européen lui-même ?

- Il est remarquable que la quête d’une littérature capable de faire entendre la langue « hors Pouvoir » (Roland Barthes) mène aujourd’hui nombre de romanciers européens et extra-européens à voir en Rabelais et en Cervantès, non seulement les « origines », mais aussi les références tutélaires du roman actuel. La tendance chez les auteurs francophones est d’ailleurs de mêler explicitement les deux références, le jeu entre réalité et fiction étant « rapporté » à Cervantès, et le jeu sur la langue à Rabelais (comme dans Don Quichotte de la démanche (1974) du Québécois Victor-Lévy Beaulieu). Ainsi, Kundera, après avoir défini le « roman européen » comme une « entreprise historique née avec Rabelais et Cervantès », affirme que « les romans nés au-dessous du trente-cinquième parallèle, quoique un peu étrangers au goût européen, sont le prolongement de l’histoire du roman européen, de sa forme, de son esprit, et sont même étonnamment proches de ses sources premières ; [car] nulle part ailleurs la vieille sève rabelaisienne ne coule aujourd’hui si joyeusement que dans les œuvres de ces romanciers non-européens » (M. Kundera, Les Testaments trahis, (1993), Folio, 2000, p. 43-44). Quant à C. Fuentes, il lit dans la « poétique de la relation » d’Édouard Glissant un héritage de Cervantès : la littérature hispano-américaine, littérature « périphérique » dans un monde qui n’a plus de centre, est sous sa plume une « littérature de la Manche, roman impur, fiction métisse » (Géographie du roman, op. cit., p. 23).

Il serait intéressant de confronter ce type de propos aux diverses formes de réception effective de Rabelais et de Cervantès dans le roman actuel : quelles sont les formes — communes ? — que prend l’intertextualité cervantine et/ou rabelaisienne dans ces littératures européennes et extra-européennes ? Quelles sont les significations —communes ?— d’un « héritage » qui s’accompagne — plus ou moins sciemment selon les cas — de processus de mythification ?

- Enfin, il serait fructueux de s’intéresser aux diverses façons dont certains romans prennent explicitement en charge la comparaison entre littérature européenne et littérature extra-européenne, qu’il s’agisse pour le romancier d’affirmer une communauté d’enjeux, ou au contraire de souligner des différences irréductibles.

Jeudi 4 juin : qu’est-ce que la « nation nommée Roman » ?
- 9h 15 Ouverture du colloque par Jean-Yves MASSON, Directeur du CRLC.
- 9h30 Danielle PERROT-CORPET (Paris-IV) : « “La nation nommée Roman” face aux histoires nationales : introduction ».
Conférence inaugurale, Introduite par Lise Gauvin : 9h 45 Edouard GLISSANT : « Faire l’Histoire, écrire l’Histoire ».
10h 30 : débat et pause.

« Littérature mondiale » et mondialisation : enjeux théoriques
Président : Jean-Yves MASSON (Paris IV)
- 11h Wolfgang ASHOLT (Osnabrück) : « Une Weltliteratur postcoloniale est-elle possible ? »
- 11h30 Alfonso de TORO (Leipzig) : « Transversalité - Hybridité - Positionalités : “l'autre histoire” - “la vraie histoire” »
- 12h : discussion.
12h45 : Déjeuner au Club des Enseignants.

Frontières et espaces sud-américains
Présidente : Véronique GELY (Paris IV)
14h 30 Daniel-Henri PAGEAUX (Paris III) : « Sur quelques espaces imaginaires du roman hispano-américain : zone, nation, continent, Weltliteratur »
15h Jean-Claude LABORIE (Lyon III) : « Le border-line, ou l’expérience intime de la frontière, chez W. Faulkner, G. Rosa et J. Saer ».
15h30 : Discussion et pause.

Traversée des frontières et relations plurielles
Présidente : Danielle PERROT-CORPET (Paris IV)
- 16h15 Vincent MESSAGE ((Paris VIII) : « Défense et illustration du pluralisme chez Carlos Fuentes et Edouard Glissant ».
- 16h45 Valérie DESHOULIERES (Saarbrücken) : « Déterritorialisations et reterritorialisations du roman. Romain Gary, Edouard Glissant : de l’Europe au Tout-Monde ».
- 17h15 : discussion.
18h : Cocktail à la Maison de la Recherche, offert par la Délégation générale du Québec à Paris

24 juillet 2006

Littérature mondiale

Pour Imane D. toujours, à propos des appellations "littérature africaine"/ "littérature post-coloniale"/ "littérature européenne"/ "littérature mondiale" : une référence sur le concept de littérature mondiale, originellement proposée par Goethe (die Weltliteratur) :
  • Pascale Casanova. La République mondiale des lettres. Paris : Seuil, 1999.