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17 septembre 2013

Littérature indiennes : comparatisme, postcolonialité, mondialités - séminaire C. Joubert 2013-2014


Cours théorique 
1er semestre, jeudi 18h-21h
1ère séance jeudi 3 octobre 2013 - Salle 1 Musée Branly


Littératures indiennes : 
comparatisme, postcolonialité, mondialités

Attention : le cours a lieu au Musée Branly, 37 Quai Branly, Paris 7ème.


L’Inde est l’un des grands terreaux du comparatisme, et par là l’un des lieux d’émergence des conceptions modernes du langage, de la culture et de la littérature. Son histoire artistique plurimillénaire, son immense diversité culturelle et son multilinguisme ordinaire obligent par eux-mêmes à pluraliser la lecture et à repenser les réflexes monolingues de l’histoire littéraire et de la poétique. Mais c’est le colonialisme européen qui a fait de l’Inde le point d’origine des sciences de l’altérité culturelle, avec toute l’ambiguïté de leurs fonctions de domination politique, dès les recherches orientalistes du xviiie siècle. L’Inde oblige donc aussi à une politisation attentive de la pensée de la littérature : elle demande de croiser l’étude des littératures avec celle des discours sur la littérature, qui sont toujours des idéologies de la culture, et toujours performées au sein d’histoires discursives et nationales différenciées.

 A partir des problématisations radicales que le cas indien rend nécessaire dans la pratique de l’histoire littéraire et dans la conception du culturel, le cours explore l’histoire des théories de la culture, et en particulier la genèse des comparatismes français, britannique et allemand – depuis les orientalismes, la grammaire et mythologie comparées, la littérature comparée, jusqu’aux postcolonial studies, et aux projections contemporaines du diasporique et du mondial.
Le parcours généalogique vise une réflexion théorique sur le rapport entre poétique et politique, engageant une lecture critique du rapport entre savoir et pouvoir pensé par Michel Foucault et largement prolongé par les études littéraires et culturelles anglophones contemporaines. Il s’agira de mettre « discours », « savoir » et « pouvoir », de même comme « culture » et « littérature », à la double épreuve du poème et de la différence des langues.



Premières indications bibliographiques : 

02 mars 2011

Parution : Poétique de l'étranger, n° 8

La revue Poétique de l'étranger a le plaisir d'annoncer la publication de son numéro 8, qui rassemble les textes issus du colloque international interdisciplinaire "L'intime et le politique dans la littérature et les arts contemporains" qui s'est tenu les 2, 3, 4 et 5 juin 2010 au Musée d'Art et d'Histoire de Saint-Denis et à la Maison Heinrich Heine de la Cité Internationale à Paris.

Cette manifestation scientifique était organisée par Florence Baillet, Karin Maire-Parienti et Arnaud Regnauld, enseignants-chercheurs à l'Université Paris 8, avec le soutien de l'Equipe d'Accueil « Les mondes allemands : régions, histoire, cultures, sociétés » (Université Paris 8), de l'UFR Langues LLCE-LEA, de l'Université Franco-allemande, du DAAD (Office allemand d'échanges universitaires) et du Centre de sociologie des pratiques et des représentations politiques.

13 octobre 2007

Politique de l'étranger

Un débat public et intellectuel majeur est ouvert en France depuis la création, par le gouvernement issu des élections présidentielles de mai 2007, d'un Ministère de l'Identité Nationale et de l'Immigration, avec à sa tête Brice Hortefeux. Le 8 octobre, un nouvel Institut d'Etudes sur l'Immigration et l'Intégration a été inauguré - on peut facilement trouver la trace de cet événement et des réactions publiques des chercheurs qui travaillent sur ces champs de question, par une simple recherche sur Internet. La vocation de cet Institut étant de "constituer un guichet unifié des études sur l'immigration et l'intégration", et "de déterminer des champs et des sujets pertinents", "de dégager les grands axes de recherche en cours ou souhaitables", la vive réaction immédiate des chercheurs s'est traduite par un refus de nombreux spécialistes du domaine de rejoindre l'Institut, et par la dénonciation d'une tentative gouvernementale pour contrôler la production des savoirs publics sur ce domaine.

Dès la juin 2007, un forum avait été organisé à l'EHESS (Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales), cherchant à lancer un vaste mouvement de l'éducation et de la recherche face à l'institutionnalisation de la xénophobie, et à rassembler contre les amalgames entre identité nationale et immigration. La poursuite de cette mobilisation a donné lieu en septembre à l'ouverture d'un Observatoire de l'institutionnalisation de la xénophobie, qui se donne comme tâche de rassembler des chercheurs autour de cette tâche de veille critique - et à produire, concrètement, un rapport annuel qui diffusera les analyses croisées. D'autres manifestations et programmes de protestation, de travail critique et de réflexion collective sont en cours l'élaboration. Parmi les enjeux les plus cruciaux dans ce débat, deux préoccupations croisées sont à souligner : d'une part l'indépendance et l'autonomie de la production intellectuelle, des savoirs scientifique et de leur diffusion, et d'autre part la stigmatisation de l'étranger comme problème. C'est cette articulation, entre politique de la recherche et politique de l'étranger, qui fait le caractère de cette situation contemporaine en France, et le contexte dans lequel ont à se mener les travaux en Littérature étrangère.

Pour un groupe de recherche comme le Texte étranger, il est important de suivre les termes de ce débat, son déroulement, et ses productions conceptuelles et critiques. La participation à l'analyse de ce qui y est en jeu est un laboratoire de pertinence pour les chercheurs en sciences humaines, et ceux en particulier qui explorent le noeud entre poétique et politique, depuis la question de l'étranger : la culture comme rapport d'étranger ; le langage comme rapport d'étranger. C'est aussi un laboratoire de formation des jeunes chercheurs.

Le Réseau scientifique TERRA lance, par exemple, un appel "Indentité nationale et immigration : inversons la problématique !". Le site du réseau Terra est un carrefour d'informations et d'analyses précieux.