09 octobre 2012

Colloque "Traduire sans papiers"

je transmets : 


Chères et chers collègues,


Le Centre d'Études et de Recherches Comparées sur la Création (CERCC) a le plaisir de vous convier au colloque Traduire sans papiers.  J'espère que le programme ci-joint saura vous tenter et que nous nous y retrouverons nombreux !
Ce colloque invite à interroger le présupposé selon lequel « la traduction favorise la compréhension entre les peuples et la coopération entre les nations » (Unesco, Nairobi, 1976), car il masque la réalité du processus de traduction comme acte énonciatif historiquement situé. Ce fonctionnement n’est pas davantage pris en compte par le paradigme traductif qui s’impose dans les Humanités. Dans un contexte où l’on constate un repli frileux sur les frontières et les identités nationales, il y a une certaine urgence à rendre à la traduction sa force de subversion : questionner les identités instituées loin des pensées binaires et de leurs dichotomies.
Les cinq conférenciers qui interviendront comme keynotes ont critiqué la réduction de l’acte de traduire à un passage qui mènerait d’une « langue source » à une « langue cible » aussi opposées que les deux rives d’un fleuve. Les différents intervenants discutent les enjeux de la traduction à partir de perspectives complémentaires  (sociologiques, anthropologiques, éthiques, etc.), même si la poétique reste au cœur de la réflexion. La littérature n’est pas seulement repensée à partir de la traduction : elle constitue également un terrain privilégié pour observer en acte le processus traductif.
Nous avons voulu lier la poétique au politique aussi directement que possible. C’est pour cette raison que nous sommes particulièrement heureux d’accueillir des artistes, des militants et des représentants d’associations qui nous aideront à ouvrir le débat par-delà l’institution universitaire.
Que vous soyez chercheur(e), étudiant(e) ou simplement curieux, n’hésitez pas à venir écouter les conférenciers, à participer aux tables rondes ou à assister aux spectacles – l’entrée est libre… et on ne vous demandera pas vos papiers !
MS et ED

Programme du colloque ici.

Parution : Travel Narrative in Translation

je transmets : 

Travel Narratives in Translation, 1750-1830: Nationalism, Ideology, Gender 

Edited by Alison Martin, Susan Pickford

Hardback: 978-0-415-53994-4: £80.00
This book examines how non-fictional travel accounts were rewritten, reshaped, and reoriented in translation between 1750 and 1850, a period that saw a sudden surge in the genre's popularity. It explores how these translations played a vital role in the transmission and circulation of knowledge about foreign peoples, lands, and customs in the Enlightenment and Romantic periods. The collection makes an important contribution to travel writing studies by looking beyond metaphors of mobility and cultural transfer to focus specifically on what happens to travelogues in translation. Chapters range from discussing essential differences between the original and translated text to relations between authors and translators, from intra-European narratives of Grand Tour travel to scientific voyages round the world, and from established male travellers and translators to their historically less visible female counterparts. Drawing on European travel writing in English, French, German, Spanish, and Portuguese, the book charts how travelogues were selected for translation; how they were reworked to acquire new aesthetic, political, or gendered identities; and how they sometimes acquired a radically different character and content to meet the needs and expectations of an emergent international readership. The contributors address aesthetic, political, and gendered aspects of travel writing in translation, drawing productively on other disciplines and research areas that encompass aesthetics, the history of science, literary geography, and the history of the book.

08 octobre 2012

Inside/Out: Negotiating Multiple Identities in a Globalised Postcolonial World

Inside/Out: Negotiating Multiple Identities in a Globalised Postcolonial World
En-deçà/Au-delà: Identités multiples à l’épreuve du monde postcolonial


November 17, 2012, Room 16 at the Institut du Monde Anglophone, 5 rue de l'École de Médecine, Paris 75006. The closest metro station is Odéon, line 4, or Cluny-La Sorbonne, line 10.


9.00 – 9.30 : Accueil / Registration
__________________________________________________________________________________

9.30 –10.30 : Keynote Address by Professor Neil Ten Kortenaar
"Can the Suborned Speak?: Gifts, Debts, Bribes, and Sacrifice in Achebe’s No Longer
at Ease"
Director of Comparative Studies, University of Toronto
__________________________________________________________________________________

10.30 –11.00 : Pause café / Coffee break

11.00 – 12.00 : Inside/Out : Theoretical and Pragmatic Considerations

11.00 – 11.20 : “Shashi Tharoor's literary diplomacy: Marketing Soft-power”
Dr Jennifer Takhar, Paris Chamber of Commerce & Research Associate, Celsa Paris IV

11.20 – 11.40 : “Insoluble Ambivalence(s): the Inside-Outside Position of Black Postcolonial
Communities as Articulated in the Work of Paul Gilroy and Edouard Glissant
Dr Sam Coombes, University of Edinburgh

11.40 – 12.00 : Discussion
__________________________________________________________________________________

12.00 – 13.30 : Pause déjeuner / Lunch break
__________________________________________________________________________________

13.30 – 15.00 : Outsiders Looking In?: Clearing A Space For New Expressions

13.30 – 13.50 : “Safe Spaces of the Like-Minded”:The Search of a Hybrid Post-Ottoman Identity in
Elif Shafak’s The Bastard of Istanbul.

Elena Furlanetto, Technische Universität Dortmund (Germany)

13.50 – 14. 20: “African Caribbean Women Writers in Canada: (Un)Disciplining Bodies and Tongues,
Performing Cultural Schizophrenia”
Myriam Moïse, Université Sorbonne Nouvelle & University of the West Indies, Trinidad

14.20 – 14.40: A World of One’s Own: Alice Munro’s Literary Heritage Transformed
Christine Lorre-Johnston, Université Sorbonne Nouvelle

14.40 – 15.00 : Discussion
__________________________________________________________________________________

15.00 – 15.30 : Pause café / Coffee break
__________________________________________________________________________________

15.30 – 17.00 : Creative Destruction : Teetering on the Edge …

15.30 – 15.50 : “Jostling with borders: Anita Rau Badami's Can You Hear the Nightbird Call?”
Jennifer Randall, Université Paris VIII Vincennes Saint-Denis

15.50 – 16.10 : “V. S. Naipaul: The (hi)story of a Pro-Western Very Eastern Story-teller”
Nabil Baazizi, Université Sorbonne Nouvelle

16.10 – 16.30 : « Dedans/dehors : Fêlures et stratégies de fissuration dans An Equal Music,
de Vikram Seth »
Melanie Heydari, Université Sorbonne Nouvelle

__________________________________________________________________________________

17.00 : Closing comments / Clôture de la journée

__________________________________________________________________________________

03 octobre 2012

Séminaire Actualité critique : calendrier 2012-2013

Le séminaire de formation doctorale aura lieu à l'Université Paris 8, salle D328, aux dates suivantes :


1. samedi 13 octobre 2012 – 10h-13h
2. samedi 27 octobre – 10h-13h
3. samedi 10 novembre – 10h-13h
4. samedi 24 novembre – 10h-13h
5. doctoriales samedi 15 décembre 2012 – 10h-18h

6. vendredi 8 février 2013 – 14h-17h
7. vendredi 2 mars – 14h-17h
8. vendredi 22 mars – 14h-17h
9. vendredi 12 avril – 14h-17h
10. doctoriales samedi 8 juin 2013 – 10h-18h

Prévu pour les étudiants qui travaillent en Littérature anglaise, mais transdisciplinaire par choix théorique fondamental, le séminaire est ouvert aux doctorants de toute l’Ecole doctorale « Pratiques et théories du sens » susceptibles d’être intéressés, mais aussi très largement à tous les étudiants de master et de doctorat intéressés, qu'ils soient inscrits à Paris 8 ou non.
Le séminaire constitue un lieu d’échange et de collaboration suivis : laboratoire des travaux en cours de chacun, et travail collectif d’observation de la pertinence critique des études de littérature étrangère dans le présent scientifique et intellectuel. Actualité théorique et (trans)-disciplinaire dans les sciences humaines, mais aussi culturelle, sociale et politique. Suivi et analyse de l’actualité des publications et des thèses soutenues, revue des revues, suivi des débats scientifiques et des débats publics, nouveaux outils de recherche électroniques, rédaction et mise en ligne de comptes rendus critiques.
Le séminaire est doublé d’un prolongement virtuel en ligne, qui existe déjà et qu’il s’agit de développer : http://te-doctorants.blogspot.com.

01 octobre 2012

Débat migrations - diaspora : jeudi 4 octobre

je transmets :  
 
La revue Multitudes a publié récemment un dossier sur les "transmigrants", tandis que les éditions Amsterdam publiait un livre
sur les diasporas. Les démarches sont très différentes mais dans les deux cas il s'agit de pratiques migratoires portées par les migrants
eux-mêmes et mises en œuvre au sein de leurs communautés linguistiques et religieuses par dessus les frontières propres aux pays d'accueil,
d'où les préfixes trans ou dia.

Le dossier publié par Multitudes est centré davantage sur des pratiques commerciales se déroulant dans tout l'espace européen ; il a été coordonné par Alain Tarrius, qui s'est déjà illustré plusieurs fois dans l'étude des pratiques commerciales des migrants.

Le livre de Stéphane Dufoix publié par Amsterdam s'interroge de manière très documentée sur l'usage du mot diaspora et sur la manière dont un sens très spécifique - liée à la dispersion de la communauté juive par l'empire romain - en est venu à se renverser et s'étendre pour désigner toute communauté dispersée dans le monde. Les commerçants étudiés par Alain Tarrius et ses amis se déplacent au sein de leurs diasporas, font de ces diasporas une ressource plutôt qu'une
contrainte.

Nous avons pensé, Multitudes et Amsterdam, qu'un dialogue entre Stéphane Dufoix et l'équipe de chercheurs réunie par Alain Tarrirus permettrait tout à la fois de mieux comprendre le concept de diaspora et de mieux connaître les pratiques économiques des migrants en Europe.

Le débat entre Alain Tarrius et Stéphane Dufoix, et leurs amis, sera modéré par Anne Querrien, co-directrice de la revue Multitudes.

La rencontre se tiendra jeudi 4 octobre au Lieu-Dit, 6 rue Sorbier, Paris 20ème.
Métro Ménilmontant


Le sommaire du numéro 49 sur le site de la revue Multitudes :
http://multitudes.samizdat.net/-Multitudes-49-en-librairie-le-20-

Présentation du livre "La Dispersion. Une histoire des usages du mot
diaspora", de Stéphane Dufoix, sur le site des éditions Amsterdam :
http://www.editionsamsterdam.fr/articles.php?idArt=209

L'événement sur facebook : https://www.facebook.com/events/372115519535140/

26 septembre 2012

Journée d'étude "Rodin : la danse de Shiva"

Journée d'étude organisée au Musée Rodin, par Katia Légeret (Université Paris 8, département Théâtre), le mercredi 17 octobre 2012, 9h-18.
Programme détaillé : en ligne.

Rodin – La danse de Çiva
En 1911, Rodin, à l'apogée de sa célébrité à 71 ans, reçoit plusieurs photographies de sculptures en bronze, prises en Inde du Sud, au musée de Chennai (anciennement Madras). Elles représentent le dieu de la danse Çiva sous sa forme de Natarâja, « Roi des danseurs et des acteurs ». Ces clichés ont été envoyés par l’archéologue russe, Victor Goloubeff, qui dirige la revue Ars Asiatica à Paris, pour laquelle il demande à Rodin d’écrire un texte sur ces bronzes. Au cours de l’automne 1913, alors qu’il termine un ouvrage sur les cathédrales, Rodin rédigera quelques pages sous la forme de fragments poétiques. Ils ne seront publiés qu’après sa mort, en 1921, sous le titre « La danse de Çiva » dans le troisième numéro d’Ars Asiatica. La découverte et la connaissance de ces fragments par les lecteurs français se révèleront comme suspendus dans le temps. Plus que délaissé – bien qu’il s'agisse de l'un des rares textes de Rodin sur la danse, sa réédition tardive en 1998, sans photographies et en
même temps que d'autres textes, s'est faite dans la plus grande discrétion. Or, au début du XXe siècle, alors que la scène parisienne inventait avec succès le « numéro hindou' » – prétendument sacré, alors qu'aucun de ces artistes n'était allé en Inde – les théâtres et les danses de temples subissaient, dans une Inde colonisée, une menace de disparition. Après un renouveau des arts de la scène qui a été inséparable d'un phénomène complexe de transculturation, pourquoi s'intéresser, un siècle plus tard, au Rodin de « La danse de Çiva » ? Quels sont les enjeux esthétiques, linguistiques, politiques et
transculturels de sa traduction dans plusieurs langues indiennes et de son adaptation scénique tant en France qu’en Inde ?

Sous la direction de Katia Légeret-Manochhaya, professeur au département théâtre de l'Université Paris 8 et artiste de Bharata-Natyam, un groupe de chercheurs de l'école doctorale EDESTA (EA 1573 Scènes et savoirs) formés également en Inde aux théâtres dansés – Kutiyattam, Kathakali, Bharata-Natyam et Odissi – présente une étude sur la prose poétique d'Auguste Rodin dédiée au Çiva Natarâja, figure divine des acteurs-danseurs. La journée qui lui sera consacrée dans l'auditorium du musée Rodin comprendra donc aussi des conférences dansées.
Du fait de son style élégiaque, il est difficile d’interpréter cette écriture dont l’originalité se fonde sur deux arts que Rodin ne connaît pas. En effet, il n'a jamais vu ni cette sculpture  indienne, ni la chorégraphie qu'elle suggère. Certes, cultivant son intérêt pour la danse, l’artiste a eu l'occasion de découvrir à Paris deux styles extrême-orientaux profondément inspirés des théâtres dansés de l'Inde : celui des danseuses javanaises à l’Exposition Universelle de 1889, puis celui des danseuses cambodgiennes à l'Exposition coloniale de Marseille, en 1906. Existe-t-il un lien entre ces arts et le texte de Rodin sur Çiva ? Et si ce n'est pas le cas, comment le sculpteur a-t-il pu devenir le poète d'une danse qui lui était inconnue ?

12 septembre 2012

Politiques identitaires en Inde - journée d'étude

Journée d’étude sur les Politiques Identitaires en Inde

23 novembre 2012
Université Paul-Valéry Montpellier 3
EMMA, Centre Saint Charles, salle des colloques n° 2
en collaboration avec le Département d’Etudes Anglophones, la Ville de Montpellier et l’association So Bollywood
 

11h - Arundhati Virmani, Historienne, EHESS, Marseille
Peut-on parler d’une identité nationale en Inde coloniale et post-coloniale?

L’accent mis ces dernières décennies sur les fractures identitaires – communautaires, religieuses, ethniques, linguistiques, pour ne pas évoquer la caste – occulte l’affirmation et la consolidation de l’identité nationale en Inde depuis l’époque coloniale. Rassembler les Indiens de régions, de groupes sociaux et de classes différents et parfois opposés à la fois par leurs projets d’avenir  et par leur perception du passé, a constitué un premier défi pour les nationalistes indiens à l’époque coloniale. Construire une identité partagée s’avéra alors d’autant plus difficile que l’exercice allait à l’encontre des politiques identitaires du gouvernement anglais qui privilégiaient les différences.
Cette intervention discute les potentiels de cette entreprise nationaliste et les obstacles qu’elle a rencontrés. Elle examine les processus de sélection et d’élaboration de quelques signes, symboles ou icones (le drapeau, le rouet, Gandhi) pour rassembler les Indiens dans une identité commune. Leur trajectoire dans le champ politique colonial marqué par la surveillance et la censure et les réponses d’adhésion ou de rejet qu’ils ont suscitées révèlent les forces et les faiblesses de la culture politique nationale.
Suivre les développements de cet héritage après l’indépendance dans les politiques de l’état indien avec des confrontations et contestations nous conduit à comprendre la ‘vernacularisation’ des identités. Face à la montée d’identités conflictuelles dans l’espace indien qui mettent en question les politiques de l’état indien et les possibilités présentées par un système d’échanges et de déplacements globaux, où en sommes-nous avec l’héritage héritage identitaire indien?

Arundhati Virmani, historienne, est spécialiste de l’Inde coloniale et postcoloniale. Elle enseigne actuellement à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (pôle régional de Marseille). Elle a publié  L’Inde, une puissance en mutation, (Paris, La Documentation française, 2001 ; India: 1900-1947. Un Britannique au cœur du Raj (Paris, Autrement, 2002); A National Flag for India. Rituals, Nationalism and the Politics of Sentiment (Delhi, Permanent Black, 2008); Atlas historique de l’Inde (Paris, Autrement, 2012). Elle achève actuellement la rédaction d’Emotional Pasts: Questions for Indian Political Culture (New Delhi, Three Essays, à apparaître, 2013)



13h30 - Harsh Kapoor, Sociologue, activiste et chercheur indépendant en France et en Inde, fondateur du South Asia Citizens Web http://www.sacw.net

Fractures de la citoyenneté et prolifération identitaire : quelques réflexions autour de l’Inde


Pendant la période coloniale, la perspective orientaliste a contribué à mettre en place les catégories qui ont donné un cadre administratif et légal aux identités sociales et religieuses de l’Inde multiculturelle. La codification de ce qui était auparavant des distinctions sociales floues a favorisé la constitution de véritables « communautés ». La « Partition » du pays en 1947 s’est faite selon des lignes religieuses et, juxtaposant les communautés, les politiques identitaires ont formé la base de la nouvelle nation indienne. L’état postcolonial a été profondément marqué par l’administration coloniale. Parallèlement, un modèle d’appartenance nationale plus différencié qu’unitaire se fit jour pour façonner l’imaginaire national, comme en témoigne l’expression « unis dans la diversité ». Le traitement égalitaire des religions et des communautés  est devenu le cœur de la laïcité à l’indienne. Les politiques identitaires ont orienté les mouvements sociaux : le nationalisme hindou, la droite musulmane, les mouvements nationalistes ou régionalistes, ethniques, et autres mouvements tribaux. Les problématiques de la laïcité ont cédé la place aux politiques identitaires. Les exemples sont nombreux parmi les syndicats, les associations de défense des droits de l’homme, et même la gauche, les élites dominantes, les universitaires, etc. La conséquence de cette évolution est une diminution radicale de la liberté d’expression.


14h30 - Martine van Woerkens, Anthropologue, Ecole Pratique des Hautes Etudes, Section des Sciences Religieuses, Paris

Genre, identités et luttes féminines en Inde
 

À la fin des années 70 en Inde, des intellectuelles et des activistes manifestaient dans les rues et révélaient au sein de l’espace public que des femmes étaient quotidiennement  brûlées vives, violées, ou supprimées avant de naître, sans qu’aucune sanction ne soit prise envers les coupables. Le  concept de genre, c’est-à-dire, la construction sociale des identités sexuées selon un principe de division et de hiérarchisation, permit alors de nommer, dénoncer, et tenter de redresser ces dérives du patriarcat indien.  Le genre fut alors porteur d’une utopie, celle d’une identification de toutes les femmes avec cette lutte dirigée contre la domination masculine.
Dans les  années 80, éclata l’affaire Shah Bano. Cette veuve musulmane répudiée par son mari, tentait d’obtenir des tribunaux l’octroi d’une pension alimentaire qui lui fut finalement refusée au nom du Code de la famille musulmane. Le genre revêtait donc un sens différent selon la communauté religieuse où il se déployait, l’antagonisme hommes femmes devait désormais être conjugué à l’islam, à l’hindouisme… entraînant des divergences d’enjeux au sein du mouvement des femmes.
Les publications des auteures dalit, le film de Kapoor sur Phoolan Devi, la sortie du placard des minorités sexuelles, déterminèrent dans les années 90 un autre élargissement du paradigme « genre » dans lequel non seulement la religion, mais aussi la caste, la classe économique et  la sexualité devaient être prises en compte.
En Inde comme aux USA et en Amérique latine, la notion de genre se transforma, s’hybrida avec d’autres sources d’inégalité sociale afin de rendre compte de la visibilité nouvelle de ces multiples identités féminines. L’utopie des débuts avait fait long feu. Certes,   l’antagonisme des sexes et la domination masculine touchent toutes les couches de la société, mais la variabilité des enjeux et des intérêts provoqua à juste titre le foisonnement et la dispersion des luttes des femmes indiennes, tandis que déclinait le sentiment de leur appartenance commune.

Martine van Woerkens est chercheuse à l’Ecole Pratique des Hautes études, section des sciences religieuses, Paris, et travaille principalement sur l’histoire coloniale indienne et sur le statut des femmes indiennes. A publié de nombreux articles et deux ouvrages portant sur ces questions : Le voyageur étranglé. L’Inde des Thugs, colonialisme et imaginaire (Albin Michel, 1995) et  en mars 2010, chez le même éditeur, Nous ne sommes pas des fleurs. Deux siècles de combats féministes en Inde. 



16h – Laetitia Zecchini, Chercheur en littérature et pensée postcoloniale, CNRS-ARIAS, Paris

L’espace de l’écriture et l’espace de la nation : Poésie, censure et hospitalité à Bombay.

Bombay, ville-archipel, ville-monde, ville-hyperbole, métropole magnétique et cosmopolite est aussi devenu le théâtre d’un certain fondamentalisme culturel, en particulier mis en oeuvre par le Shiv Sena (« armée de Shivaji »), organisation agressivement régionaliste créée pour préserver les droits des « fils du sol » Maharashtriens, protéger le territoire de la pollution culturelle et la "décadence" d’éléments supposés étrangers, inauthentiques ou anti-nationaux. Au nom d’une idée du propre et de la propriété en tout cas d’un proprement indien, mais également d’une définition majoritaire, donc hindoue de la nation, il s’agit de purger l’espace, l’histoire et l’identité de tout ce qui serait exogène ou minoritaire, purger par exemple les noms de la ville des dénaturations de l’histoire. L’art, au nom de transgressions supposées à l’hindouisme et à la nation devient cible: voir parmi d’autres exemples la violence récente suscitée par l’essai remarquable d’A. K. Ramanujan « Three hundred Ramayanas and some thoughts on translation », par un roman de Rohinton Mistry, par une biographie de Shivaji chez OUP en 2003 ou par l’œuvre du peintre M. F. Hussain, forcé à l’exil. Beaucoup d’écrivains à Bombay parlent par ailleurs d’une forme d’auto-censure.
Face donc à l’excision multiforme de l’étranger, à une indianité définie comme cette « pulsion totalitaire de la racine unique » dont parle Edouard Glissant ou à une idéologie nationaliste promouvant une hindouité associée à la majorité religieuse et culturelle, certains poètes, dont Arun Kolatkar (1931-2004), poète bilingue en anglais et en marathi, refusent de tracer une frontière entre ce qui serait inclus et exclu dans l’espace de la nation et l’espace de l’écriture et montrent qu'aucune tradition, aussi sacrée soit-elle, n'échappe à la traduction et à la ré-interprétation. Cette poésie de l’hospitalité fait de la place et donne du temps à ce « multiple qui surabonde » dont parle Rancière et qu’il associe à l’immigré « de trop », retraçant la filiation poétique et celle de Bombay avec tout ce qui est infime, décentré, itinérant, étranger, avec tout ce qui « reste ». Kolatkar célèbre en anglais - langue déplacée, langue minoritaire, langue "exogène" - Bombay et non Mumbai, célèbre un lieu déplié et altéré par l’histoire et par l’étrangeté qu’elle charrie.

Laetitia Zecchini est chargée de recherche au CNRS à Paris (Laboratoire Arias). Ses publications et ses recherches portent sur la poésie indienne contemporaine, sur les théories postcoloniales, sur les généalogies non-occidentales des modernités artistiques, sur les littératures dalits et plus généralement sur la politique de la littérature. Elle travaille actuellement à un ouvrage provisoirement intitulé "Arun Kolatkar and Literary Modernism in India". Sa traduction (en collaboration avec Pascal Aquien) d'un recueil de Kolatkar, Kala Ghoda: Poèmes de Bombay sortira en collection Poésie/Gallimard au printemps 2013.

07 septembre 2012

Poétique et traduction

Je transmets : 

Parution aux Presses Universitaires de Sainte Gemme du premier numéro de la collection Métaphrastiques, dirigée par Jean-René Ladmiral :

Poétique & Traduction

Textes réunis et présentés par
Bénédicte de Buron-Brun
&
Franck Miroux


TABLE DES MATIÈRES

PRÉFACE

Esthétique de la traduction
Jean-René Ladmiral (Paris-X-Nanterre/ ISIT, France)                  


I.                   TRADUIRE EN CONTEXTE : adaptation et rÉvision du texte

Sourciers et ciblistes : une problématique revisitée
Jean-René Ladmiral (Paris-X-Nanterre/ ISIT, France)                  

Considérations sur les traductions des textes espagnols classiques
Claude Allaigre (Pau et Pays de l’Adour, France)                        

Traduction, adaptation et révision du langage poétique au cours du Romantisme britannique
Diego Saglia, (U. de Parme, Italie)                                                 

Traduire Azorín: Superrealismo (1929). Expériences et approches d’un traducteur
Christian Manso (Pau et Pays de l’Adour, France)                        

Substitutions et recréation littéraire dans la traduction française du roman El poeta sin párpados
Lourdes Ventura (Madrid, Espagne)                                          

La poétique umbralienne à l’épreuve de la traduction : de Mortal y rosa à A Mortal Spring
Bénédicte de Buron-Brun (Pau et Pays de l’Adour, France)
Franck Miroux (Paris III-Sorbonne Nouvelle, France)                              

II.                traduire la poÉsie : INTERPRÉTATION et recomposition

L’intraduisible légèreté du vers ou l’harmonie recomposée ? Poésie et traduction, une relation duelle
Franck Miroux (Paris III-Sorbonne Nouvelle, France)                  

Traduire la polyphonie d’une comédie musicale : Marie Laveau de Derek Walcott
Nicole Ollier (Michel de Montaigne-Bordeaux III, France)                      

Pourquoi traduire la poésie ? La traduction en allemand des Amours de Marie de Pierre Ronsard
Georg Holzer (Opéra de Dortmund, Allemagne)                          

Traduction, ajouts et substitutions, ou comment Richard Howard s’est approprié Baudelaire
Evi Zemanek (U. de Fribourg, Allemagne)                                     

Louise Labé : le pétrarquisme au féminin et ses adaptations masculines
Beatrice Nickel (U. de Stuttgart, Allemagne)                                 

Le Pouchkine de Marina Tsvetaeva : traduction et dialogue de deux poètes d’un siècle à l’autre
Thanh-Vân Ton-That (Paris Est-Créteil, France)                          


III.             TRADUIRE L’AUTRE ET LE MOI : reconstrution ou destruction du texte ?

Traduction et reconstruction du discours politique et poétique
Stephanie Schwerter (EHESS/MSH, France)                              

Traduire la syntaxe ? Rythme, ruptures et continuité
Thomas Barège, (Orléans, France)                                               

Reproduction du texte : Les particules élémentaires et Atomised de Michel Houellebecq
John McCann (U. d’Ulster, Royaume Uni)                                  

Écrire en bilangue ou traduire du pareil au même : Georges Perec, Trompe l’œil et Uljana Wolf, Falshe Freunde
Hans Hartje (Pau et Pays de l’Adour, France)                             

Ramon Saizarbitoria ou la douleur d’être traduit
Ur Apalategui (Pau et Pays de l’Adour, France)                         

Poétique, traduction et autodestruction chez José Pin i Soler : le problème du traducteur bilingue
Dolores Thion Soriano-Mollà (Pau et Pays de l’Adour, France)   

04 septembre 2012

La critique noire : séminaire 2012-13

La critique noire : présence africaine entre les langues


Séminaire de Master en Littérature comparée
jeudi 18h-21h, du 4 octobre au 13 décembre 2012, Musée du Quai Branly, salle 1 (Livret Enseignements 2012-1)
Claire Joubert

Une part déterminante de la force critique de l’activisme culturel noir antiraciste et anticolonialiste du XXe siècle tient à sa projection internationale, et donc à ses résonances et ses translations entre les langues de la diaspora. Diaspora, internationalisme, panafricanisme, ne sont que quelques unes des configurations de ces inventions politiques majeures qui ont déstabilisé et fissuré, jusqu’à la Décolonisation puis dans ses suites postcoloniales, les hégémonies enserrant le système des relations internationales. Le rôle de la traduction a été, plus qu’un instrument nécessaire, celui d’une problématisation politique active, régulièrement activée pour une politique culturelle de la différence.
La mise en lumière de cette histoire permet de réinterroger les théories postcoloniales anglophones, qui ont frayé des analyses importantes de la politique des langues dans la domination coloniale : car les langues du colonisateur ont également trouvé, dans ces créations de réseaux inter-langues et transcoloniales, une valence anticoloniale qui a été décisive pour l’effondrement des impérialismes européens modernes. Qui reste, également, une puissance critique dans le rapport politique international de la Mondialisation.
Le cours présente l’histoire et les enjeux de ces effets de traduction, en se concentrant sur les rapports entre anglais et français : sur les solidarités, les confrontations et les circulations transatlantiques de la pensée et des œuvres, des artistes, intellectuels et activistes, entre Antilles françaises et British West Indies, pays africains anglophones et francophones, Harlem, Paris, Bruxelles, et Londres. Sur ce matériau d’histoire culturelle, le questionnement théorique réexamine le rapport poétique – politique, en l’interrogeant à la lumière, comparatiste, de la différence des langues.

Langue d'enseignement : français
Langue des textes étudiés : français et anglais
Le séminaire, donné en partenariat avec l'Université Paris 8, est ouvert au public.  


Premières indications bibliographiques
- Du Bois, W.E.B., The Souls of Black Folk (1903), Oxford University Press, 2008
- Edwards, Brent Hayes, The Practice of Diaspora: Literature, Translation, and the Rise of Black Internationalism, Harvard University Press, 2003
- Friedman, Alan Warren (ed.), Beckett in Red and Black: the Translations for Nancy Cunard’s Negro (1934), University Press of Kentucky, 2000
- Frioux-Salgas, Sarah, et al. (dir.), Présence africaine. Les Conditions noires : une généalogie des discours, Gradhiva, 10, 2009
- Gilroy, Paul, The Black Atlantic. Modernity and Double Consciousness, London, Verso, 1993. Traductions françaises : L’Atlantique noir. Modernité et double conscience, trad. par Jean-Philippe Henquel, Lille, Kargo et Paris, Eclat, 2003, et sous le même titre par Nordmann, Paris, Amsterdam, 2010.
- Hall, Stuart. « Cultural Identity and Diaspora » (1989), reptd. dans Patrick Williams et Laura Chrisman, Colonial Discourse and Postcolonial Theory: A Reader, Hemel Hempstead, Harvester Wheatsheaf, 1993
- Mangeon, Anthony. La Pensée noire et l’Occident. De la bibliothèque coloniale à Barack Obama, Sulliver, 2010.
- Présence africaine. Revue culturelle du monde noir (créée en 1947, par Alioune Diop).
- Smouts, Marie-Claude (dir.), La Situation postcoloniale. Les postcolonial studies dans le débat français,  Paris : Presses de Science Po, 2007
- Young, Robert. Postcolonialism: an Historical Introduction, Oxford : Blackwell, 2001.
Autres textes de James Baldwin, Aimé Césaire, Ralph Ellison, Franz Fanon, Edouard Glissant, V.Y. Mudimbe, Ngugi wa Thiong’o, Malcolm X – à préciser.


18 juin 2012

Tande : littérature haïtienne et débats culturels

Je signale le blog Tande, créé par Nadève Ménard et Régine Michelle Jean-Charles en avril 2010 pour explorer les questions de la littérature et de l'enseignement, et participer aux débats culturels, à partir de leur champs de recherche sur la littérature haïtienne et leur situation institutionnelle en Haïti et à Boston.

Le blog, bilingue français-créole, permet de suivre les débats actifs sur la scène haïtienne et celle des études haïtiennes. Il donne également des indications précieuses sur les ressources pour la recherche sur Haïti et ses contextes dans la Caraïbe et aux Amériques.

08 juin 2012

Colloque "Translating e-literature"

TUESDAY JUNE 12 [PARIS 8, ROOM D001]

10.00 Conference opening. Welcome + coffee
10.30 Introductory remarks

10.50 AUDREY WH|TMAN & KENNETH KNoEsPEL (Georgia Tech]

Syntax and Semiotics in the Space of Digital Games

11.30 SusAN ToscA [IT University, Copenhagen]

Fairytale Trans-migrations: the case of Little Red Riding Hood

12.10 Lunch break.

13.45 ROBERT CoovER (Brown)

Making/trans-lating literature in immersive 3D

14.40 LEONARDO FLORES (U. of Puerto Rico]

Porting E-Poetry: the case of First Screening

15.20 CLAun|A KozAK (U. of Buenos Aires]

Translanguages. Towards a Politics of Electronic Poetry in Latin America

16.00 Coffee break

16.20 NATAL| FEDoRovA &  MoNTFoRT [MIT]

Carrying across Language and Code

17.00 J.R. CARPENTER (UC Falmouth]

Translation, Transmutation, transmédiation and transmission in TRANSMIISSION [A DIALOGUE]


WEDNESDAY JUNE 13 [PARIS 8, ROOM D001]

09.30 SYLv|E  (Université Lumière Lyon 2)

On Three Cognitive Displacements : a brief archeology of hypertext

10.10 JONATHAN BA|LLEHAcHE [Paris 8/Rutgers]

The Digitization and Translation of Russian Avant-garde Poetry

10.50 Coffee break

11.10 G|ovANNA Dl RosAR|o (U. of Barcelona]

From French ta Italian: what do we need to translate when we translate e-literature?

11.50 MAURO CARAssA| & RENATA MoRREs| (U. of Florida]

Verbal Disengagement :Annie Abrahamä Separation/Sépa ration Translation as Language Game

12.30 Lunch break

14.00 OTTAR ORMSTAD [independent artist]

Non­Translation as Poetic Experience

14.40 JoHN CAYLEY [Brown]

Ceux l'[image] encore / une image langue:
Beginning with How it is when translating certain processes of electronic literature

15.20 Coffee break

15.40 Workshop organized by PATR|c|A ToMAszEK (U. of Bergen)

Post-Processing Translations of E -Lit Works and Scholarship


THURSDAY JUNE 14 [PARIS DIDEROT, INSTITUT CHARLES V, ROOM A50]


09.30 M|cHAEL JoYcE [Vassar]

L'après-midi d'un phoneme, or la faune of après-afternoon

10.10 MAR|usz P|sARsK

From Storyspace to Browsers. Translating afternoon, a story into Polish and xml

10.50 Coffee break

11.10 YvEs ABR|oux, ANTo|NE CAZÉ, EMMANUEL CYR|AuuE, ARNAUD REGNAULD, ANNE-LAURE T|ssuT, STÉPHANE VANDERHAEGHE

Groupe OTN/ (Paris 7 & Paris 8]
Workshop on translating Afternoon. A Story into French
12.30 Lunch break

14.00 Loss PEQUEÑO GLAz|ER [SUNY Buffalo]

Broméliacées [Lecture]. Translating Bromeliads as Transliterature

15.00 JERUME FLETcHER [UC Falmouth]

17 mai 2012

"Translations of Africa" workshop


Le séminaire "Diversité des langues et poétique de l'histoire", collaboration entre les universités Paris 8 et Rennes, en association avec le
Center for International Research in the Humanities and Social Sciences
CNRS/NYU - http://www.cnrsnyu.com

tiendra une journée d'étude intitulée : "Translations of Africa"
le jeudi 24 mai, 13h30-18h, 19 University Place, New York


After two years of work on Francophone and Anglophone postcolonialisms, with a focus on comparing “comparative” disciplines in the light of their national and linguistic histories, this workshop will conclude the Paris 8-Rennes 2 seminar “Le ‘postcolonial’ comparé”[i]. In 2011, we examined the multilingual, polycolonial Caribbean as a critical site for postcolonialism: as offering exceptional insights into the way empowering concepts connect(ed) to languages and different colonial histories.

In “Translations of Africa” we seek to pursue this comparative and literary exploration of the Atlantic world as a site for theory, and study how the Anglophone – Francophone differentials came into play in the diasporic, transnational experiments of Black liberation and Pan-Africanist movements, as they meshed with the anticolonial movements of the decades leading to Decolonization. We bring together scholars currently working on different points of this continuum, and seek to examine the linguistic dimension of these connexions, circulations and alliances: to explore in particular the anticolonial valence found by these intellectuals, artists and activists in the colonial languages of the British and French empires, and to study the peculiar anticolonial force that was found during this period in the processes of translation.

*

1.30 pm – 3.30 pm:
Emilienne Baneth & Claire Joubert: Introduction
Claire Joubert: Présence africaine between languages
Brent H. Edwards: on translating Michel Leiris’ L’Afrique fantôme
Michael Dash: Recomposer par Trace, Translating Africa in the New World

Coffee break

4 pm to 5.30 pm:
James Davis: Eric Walrond’s transnational writings 
Alice Goheneix: Which language to manifest independence? 
   African linguistic ambiguity and French political misconception: 1959 -1962
Emilienne Baneth: on the emergence of Black Studies

6 pm: Wine and cheese


[i] « Le ‘postcolonial comparé: anglophonie, francophonie », 2009-2011 cycle of the « Séminaire Diversité des langues et poétique de l’histoire », organised by Emilienne Baneth-Nouailhetas (Université Rennes 2, CNRS/NYU) and Claire Joubert (Université Paris 8). A volume bringing together the studies presented during this two-year programme is forthcoming (Presses Universitaires de Vincennes, 2013).  

12 avril 2012

Séminaire Indian literatures in English, Strasbourg, 13/04/2012

Pour information:

SEARCH a le plaisir d'accueillir son premier Visiting Fellow du 1er avril au 15 mai, le Professeur Bodh Prakash de l'Université de Dehli, spécialiste des récits de la partition dans la littérature indienne anglophone
(http://search.unistra.fr/index.php/fr/fellowship/fellowship/)

Une série de conférences se tiendra à Strasbourg vendredi 13 avril dans le cadre des rencontres transfrontalières EUCOR English (Bâle, Freiburg-im-Breisgau, Mulhouse, Strasbourg):

EUCOR English Seminar on Indian literatures in English
MISHA, (5, allée du Général Rouvillois, www.misha.fr), Salle de conférence

15h – Welcome and coffee

15h30 – Prof. Bodh PRAKASH (University of Delhi, visiting fellow of SEARCH for Spring 2012): "Memory and the (Re) Making of the Self in the Narratives of Partition"

16h30 – Dr. Geetha GANAPATHY-DORÉ (Université Paris XIII): "Chutnification: The Recyling of Canonical Texts in the Indian English Novel"

17h30 – Dr. Ursula KLUWICK (University of Berne): "Salman Rushdie's magic realism"

18h30 – Buffet for speakers & participants

--
Anne BANDRY Scubbi
Professeur des universités
EA 2325 SEARCH (http://search.unistra.fr)
bandry@unistra.fr

Université de Strasbourg
Département d'études anglaises et nord-américaines
EA 2325 SEARCH
Faculté des Langues et des Cultures étrangères

Bureau 4220 Le Patio
22 Rue René Descartes
F - 67084 STRASBOURG CEDEX

06 avril 2012

Colloque : Le Secret

Colloque “Le Secret”, groupe de recherche Résonances, Paris 8
13 et 14 avril 2012


Vendredi 13 avril, matin

MUSEE D’ART ET D’HISTOIRE - SAINT-DENIS, 22bis, rue Gabriel Péri - 93200 Saint-Denis


9h30-10h – Accueil des participants
9h45 – Introduction, Claude Safir (Paris 8)
10h – Atelier 1: « La fabrique du secret »
Présidence : Claude Safir (Paris 8)
· François Dingremont (EHESS) : “La sémantique du secret dans l’Odyssée”.
· Catherine Botterel-Michel (Université Paris-Sorbonne) : “Lettres et secrets de femmes dans quelques récits de Maupassant”.
11h – Pause
· Rémi Digonnet (Institut Catholique de Lille) : “Secrets et métaphores dans Lolita de Vladimir Nabokov”.
· Madeleine Leclair (Musée du quai Branly) : “Chants d’initiées yoruba (Bénin et Togo) : quelques secrets de fabrication”.

Vendredi 13 avril, après-midi

Université Paris 8 - Bibliothèque universitaire et salle G-2
2 rue de la Liberté, 93 526 Saint-Denis CEDEX

Ateliers parallèles
14h – Atelier 2a : « Domaine anglophone », Bibliothèque universitaire
Présidence : Elsa Sacksick (Université Paris 8)
· Pascale Denance (Université d’Angers) : “Entre déni et jardin secret : l’intime et le non-dit dans une sélection de poèmes d’Emily Dickinson et dans The Portrait of a Lady de Henry James”.
· Elsa Sacksick (Université Paris 8): “L’esthétique du secret dans The God of Small Things d’Arundhati Roy”.
· Elisabeth Fourmont (Université Paris 8): “The Hidden Violence of the Grotesque in “Fits” and “Open Secrets” by Alice Munro”

14h – Atelier 2b: « Le secret du secret », salle G-2

Présidence : Claude Safir (Université Paris 8)
· Marciane Blevis (Psychiatre, Psychanalyste) : “D’après ‘Le Compagnon secret’ de J. Conrad : Le dédoublement dans la constitution du sujet”.
· Claire Gillie (Psychanalyste) : “Chut ! ‘Motus et bouche cousue’ …”.
· Cheryl Wall (Rutgers University): “June Jordan: Baring Family Secrets, Essaying Possibilities.”
15h30 – PAUSE
16h00 – Atelier 3a: « Études américaines », salle G-2
Présidence: Gérald Préher (Institut Catholique de Lille)
· Emmeline Gros (Université de Versailles-St-Quentin-en-Yvelines): “Sharing Secrets in Gone with the Wind: Eavesdropping, Transgression and Normative Gender Ideology.”
· Frédérique Spill (Université d’Amiens) : “‘The delicate fluency of silence’ : Échos et résonances du secret dans The History of Love (2005) de Nicole Krauss”.
· Tanya Tromble (Université de Provence) : “Reversing Time?: Genre, Gender and Secrecy in Joyce Carol Oates’s ‘A Princeton Idyll.’”

· Jean-Louis Claret (Université de Provence) : “Le mot, certes, est un secret: Pierre Brueghel et l'alchimie du regard”.
· Fernando Monroy (Institut Catholique de Lille) : “Les facettes secrètes de l’iconographie du timbre-poste espagnol”.
· Virginie Foloppe (Université Paris III) : “Un secret ingrat”.

samedi 14 avril
Université Paris 8 - Bibliothèque universitaire et salle D002

2 rue de la Liberté, 93 526 Saint-Denis CEDEX


9h30 – Ateliers parallèles

9h30 – Atelier 4a: « Études afro-américaines », salle D002

Présidence: Gérald Préher (Institut Catholique de Lille)

· Françoise Clary (Université de Rouen), “La dualité féminine et ses secrets : Audre Lorde”.

· Ruth Fialho (Université de Bordeaux 3) : “Les chaînes du secret dans Real Cool Killers de Chester Himes”.
10h30 PAUSE (15 minutes)

· Patrycja Kurjatto Renard (Université de Tours) : “Secret wounds: time travel in Octavia Butler’s Kindred.”

· Vanessa Sylvanise (Université Paris 8) : “Poétique de la dissimulation dans l’œuvre de Toni Morrison: complexité du secret, (ré)écriture de la culture”.


9h30 – Atelier 4b: « Mise en scène du secret », Bibliothèque universitaire

Présidence: Hélène Marquié (Université Paris 8)

· François-Ronan Dubois (Université Stendhal — Grenoble 3) : “Le secret et la constitution de l’individu dans La Princesse de Clèves”.

· Lilia Chatty (Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de Manouba en Tunisie) : “L’Écriture dramatique du secret chez Catherine Bernard”.

10h30 PAUSE (15 minutes)
· Magali Brunel (Université de Nice) : “Les lettres dans le théâtre de Molière : creuset du secret, lieu de la féminité”.

· Isabelle Scaviner (Université de Caen Basse-Normandie) : “Le lit nuptial de Charles Méré : un secret de jeune mariée sur les planches de théâtre en 1926”.



11h45 : Session plénière, Bibliothèque universitaire

Écrivaine invitée – Alice Clark, “The Secret of Writing Short Fiction” puis lecture de la nouvelle “A Darker Shade of Light”


12h30 : Déjeuner
14h00 – Atelier 5: « Poésie », salle D002

Présidence : Pascale Denance (Université d’Angers)
· Mélody Enjoubault (Université Paris-Sorbonne) : “‘Perhaps my secret I may say / Or you may guess’ : Secrets et non-dits dans la poésie de Christina Rossetti”.

· Erik Martiny (International School of Saint-Germain-en-Laye) : “The Secret of Success: Foreclosure and Disclosure in Confessional and Postconfessional Poetry.”

· Nicolas Goyer (Universidad Pablo de Olavide) : “Contrepoint de la péninsule ibérique, depuis J. A. Valente : du secret de l’érotisme poétique à l’énigme de l’autre chez H. Helder et N. Júdice”.

15h30 PAUSE

16h00 – Atelier 6: « Secrets d’alcove », Bibliothèque universitaire

Présidence : Nadia Setti (Université Paris 8)

· Anaïs Frantz (Paris 3), “À la poursuite d’un insecte textuel. Le secret des genres dans l’incipit de Sodome et Gomorrhe”.

· Justine Legrand (Paris-Sorbonne) : “L’esthétique du secret : de la curiosité au genre dans l’œuvre gidienne”.

· Silvia Ostuzzi (Université Paris 8) : “Une écriture secrète : Clarice Lispector”.

28 mars 2012

Colloque "Les traumatismes de l'Empire" - décembre 2012

Les traumatismes de l'Empire.
Expressions, effets et usages des violences (post)coloniales.
Montpellier, MSH-M, 6 - 7 décembre 2012.

Les recherches sur les dynamiques impériales permettent, depuis quelques années, de renouveler l’appréhension des questions coloniales et postcoloniales (Cooper 2005). Elles engagent en effet à s’affranchir d’une histoire strictement nationale pour mieux approcher la dynamique des sociétés et des groupes en déplacement, et incitent à approcher les politiques d’États en rendant mieux compte de l’espace de négociation qui les anime dans leurs relations avec les populations placées sous domination coloniale et postcoloniale. L’usage de la notion d’Empire permet ainsi de ne verser ni dans la vision unilatéralement « par le bas » des subaltern studies, ni dans la vision parfois trop textualisée ou trop centrée sur les seules représentations et imaginaires des « études postcoloniales ». Elle invite à penser le contact des populations de manière symétrique et à le situer dans leur espace social de pratiques. Elle invite également à repenser le lien métropole-colonie et à rompre avec l’idée souvent inconsciente d’un « âge zéro » de l’histoire correspondant à la conquête ou la gestion coloniales, en prenant également en considération les dynamiques sociales antérieures à la colonisation (Bertrand 2011).
Le colloque souhaite réunir des communications qui, à partir des attendus de la problématique impériale, feront travailler la notion de traumatisme, dont D. Fassin et R. Rechtman ont retracé la généalogie (2006). A rebours des discours convenus sur les non-dits et les tabous du fait colonial dans la France du 21e du siècle, il s’agira d’abord de constater la profusion des paroles et des écrits qui caractérise notre époque, au risque des raccourcis et des amalgames. Il s’agira ensuite d'interroger l’historicité propre aux situations coloniales et postcoloniales : les terrains peuvent porter sur les situations coloniales, voire pré-coloniales si les sources le permettent, comme sur les situations postérieures à la colonisation. Il s’agira enfin de poser à nouveaux frais la question du déploiement, des usages et des effets de la violence en situation coloniale et/ou postérieure à l’occupation coloniale, sans réduire pour autant cette situation à l’exercice de la violence. Une difficulté évidente réside dans les usages concurrentiels du terme même de « traumatisme », appliqué indifféremment à des individus et à des collectifs, à propos de situations de violences loin d’être commensurables en elles-mêmes (des violences physiques attestées à la violence symbolique la plus désincarnée) et dans leur historicité (de la mémoire pluriséculaire de la colonisation aux chocs les plus immédiats des violences de guerre, le moment de manifestation du traumatisme étant un enjeu central des débats). Trois entrées seront privilégiées pour sélectionner les propositions de travaux empiriquement fondés.

- La première consiste à interroger le terrain en faisant travailler la notion de traumatisme dans son acception récente, qui consiste à mettre fin au soupçon à l’égard des victimes de violence ou des individus souffrants en déplaçant l’attention sur les situations vécues plutôt que sur les caractéristiques individuelles. Il s’agit de contrôler l’anachronisme en examinant les modes de (dis)qualification des situations qu’on qualifierait aujourd’hui de traumatiques, les conditions d’impossibilité de la prise en compte des victimes de violence comme telles, les moments de basculement dans la condition de victimes ou d’extension du domaine des victimes.
- La deuxième entrée met l’accent sur les savoirs et leurs usages, sur les mises en traumatisme savantes, indigènes et/ou « profanes » et s'attache à saisir les usages politiques qui en sont faits. Elle accorde, au-delà des catégories de discours, la primauté de l’attention socio-historique à l’examen
des pratiques.
- La troisième entrée vise la mise en critique des instrumentalisations mémorielles dans nos sociétés, dont C. Charle (2001) a montré qu’elles n’ont sans doute jamais été aussi « impériales » qu’aujourd’hui. L’analyse porte alors sur la construction sociale et historique de groupes de victimes, la production de frontières entre les groupes (comme bourreaux/victimes/témoins), la modification des représentations légitimes (quand les bourreaux deviennent aussi des victimes), les formes de la politisation de ces luttes de qualification.

Envoi des propositions à : traumatismesempirecolloque@gmail.com
Date limite de proposition : 15 mai 2012
Sélection des propositions : 15 juin 2012
Responsables : Sylvain BERTSCHY (Montpellier 3), François BUTON (CNRS-CEPEL), Éric SORIANO (Montpellier 3)

Comité scientifique : Alban BENSA (EHESS-IRIS), Romain BERTRAND (CERI-Sc Po), Jean-Michel
GANTEAU (Montpellier 3), Sylvain LAURENS (Limoges), Isabelle MERLE (CNRS-IRIS), Paul PANDOLFI
(MSH-M), Laure PITTI (Paris 8), Richard RECHTMAN (EHESS-IRIS), Frédéric ROUSSEAU (Montpellier
3), Emmanuelle SAADA (Columbia), Éric SAVARESE (Nice-CEPEL).


Éric SORIANO,
Centre de recherches sociologiques et politiques de Paris (CRESPPA),
UMR 7217, Équipe CSU
Maître de conférences en science politique
à l'Université Paul Valéry (Montpellier 3)
Route de Mende
34 199 Montpellier cedex 5

Séminaire Nations, nationalismes, identités nationales

je transmets :

Bonjour,

Le CERI et l'Ecole doctorale de Sciences Po sont heureux de vous inviter à la prochaine séance du séminaire de recherche "Nations, nationalismes, identités nationales" le 3 avril de 14h à 16h30 dans la salle de conférence du CERI au 56 rue Jacob, à Paris.

L'invité sera le Professeur Herman Lebovics, Distinguished professor en Histoire à l'Université de New York (Stony Brooks).

Il présentera une intervention sur le thème "Les non-dits de la France postcoloniale".

Les discutantes seront Anne-Marie Thiesse, directrice de recherche au CNRS à l'Ecole Normale Supérieure (Ulm) et Angéline Escafré-Dublet, docteure en histoire, post-doctorante au CERI.

L'entrée est libre, sans réservation.

Présentation générale du séminaire :

Ce séminaire interdisciplinaire s'adresse aux chercheurs et aux doctorants intéressés par le phénomène nationalitaire entendu au sens large, et par les questions qui s'y rattachent. Son objet est de fédérer les chercheurs pour qui la nation, le nationalisme ou le sentiment national sont les ou l'un des thèmes de recherche, afin de constituer un groupe de réflexion scientifique autour de cette question. Il a pour vocation de formuler et de relayer des propositions innovantes sur ces thèmes, au regard des contributions historiques et récentes de la science politique internationale, en sollicitant tous les registres d'analyse disponibles dans la discipline (pensée politique, sociologie politique, politique comparée, politiques publiques, histoire politique). Il consiste en l'organisation d'un cycle de séminaires autour de l'intervention de spécialistes internationaux du nationalisme, afin qu'ils puissent exprimer leur vision du nationalisme ou de la nation d'un point de vue théorique ou empirique. Les séances sont ouvertes à tous.
Les coordonnateurs du séminaire sont Vincent Martigny, doctorant au CERI (vincent.martigny@sciences-po.org) et Audrey Célestine, maître de conférence à l'université Lille 3 (audrey.celestine@gmail.com)

12 mars 2012

Histoire de Paris 8 - politique du savoir, histoire des disciplines

Parution de Un Mythe à détruire. Origines et destin du Centre universitaire expérimental de Vincennes, volume collectif dirigé par Charles Soulié, sociologue à P8, avec des contributions de Marie-Pierre Pouly, auteur par ailleurs d'une excellente thèse sur l'histoire de l'anglistique et de la scolarisation de l'anglais en France.
Pour sommaire, extraits, et autres détails : voir sur le site des PUV : 
http://www.puv-univ-paris8.org/themes/histoire/un-mythe-a-detruire--9782842923334-7-525.html